VIDEO. Affaire Fillon: Le couple renvoyé en correctionnelle

PENELOPEGATE Les juges ont demandé le renvoi devant le tribunal de François Fillon et de son épouse, Penelope

20 Minutes avec AFP

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Penelope et François Fillon le 9 avril 2017 à Paris en meeting.
Penelope et François Fillon le 9 avril 2017 à Paris en meeting. — Thibault Camus/AP/SIPA

Il y aura bien un procès pour François Fillon. Les juges ont demandé le renvoi en correctionnelle de l’ex-Premier ministre François Fillon et son épouse Penelope, plus de deux ans après l'ouverture d'une enquête. Selon les informations du Monde, l’ancien député suppléant de François Fillon, Marc Joulaud, est également visé par ce renvoi.

Selon le quotidien, l’ex-candidat de la droite à la présidentielle de 2017 est renvoyé pour « détournement de fonds publics », « recel de détournement de fonds publics », « abus de biens sociaux » et « manquement aux obligations déclaratives de la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique ». Son épouse l’est pour « complicité et recel de détournement de fonds publics » et « recel d’abus de biens sociaux ».

La « suite normale » de l’affaire

L’ancien suppléant de François Fillon à l’Assemblée nationale, Marc Joulaud, lui aussi mis en examen dans cette enquête, est pour sa part renvoyé pour « détournement de fonds publics », selon le journal. « C’est la suite normale de la procédure », a laconiquement commenté un des soutiens de François Fillon à la présidentielle. Le procès, en raison des délais inhérents de l'audiencement, ne devrait pas se tenir « avant un ou deux ans », estime l'entourage de l'ex-Premier ministre.

Antonin Lévy, l’avocat de l’ancien Premier ministre, a pour sa part regretté que l’ordonnance de renvoi ait été transmise « à la presse avant même qu’elle n’ait été notifiée à François Fillon et à sa défense ». « Cela démontre l’état d’esprit dans lequel toute cette enquête a été conduite et nous réagirons sur le fond quand nous aurons pu prendre connaissance de ce document », a-t-il commenté.

Interviewé par BFM TV, l'avocat a indiqué que son client avait réagi « sans surprise » à la décision des juges. « Parce que comme nous, voyant l'ampleur qu'avait prise cette affaire au début, il semblait inimaginable que la montagne puisse accoucher d'une souris », a-t-il indiqué.

Des soupçons d’emplois fictifs

Pour Pierre Cornut-Gentille, avocat de Penelope Fillon, « cela caractérise une nouvelle violation du secret de l’instruction ». Le parquet national financier avait ouvert une enquête après les révélations du Canard enchaîné, le 25 janvier 2017, qui se sont avérées fatales pour la candidature de François Fillon, éliminé dès le premier tour du scrutin. Au cœur du dossier, les soupçons d’emplois fictifs de son épouse Penelope et de ses enfants quand ils étaient ses assistants parlementaires.

Face aux juges d’instruction, François Fillon avait défendu la réalité des emplois de sa femme à l’Assemblée nationale entre 1986 et 2013, lorsqu’il était député, et de ses enfants quand il siégeait au Sénat entre 2005 et 2007. Ces derniers n’avaient pas été mis en examen.