«Gilets jaunes : Un homme blessé porte plainte contre un possible fichage «illicite» dans les hôpitaux parisiens

FICHAGE Le manifestant a été opéré à l'hôpital européen Georges-Pompidou, dans le 15e arrondissement, après avoir eu la main arrachée par une grenade GLI-F4

20 Minutes avec AFP

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Une équipe de la BAC procède à une arrestation sur les boulevards après les premiers heurts avec des manifestants.
Une équipe de la BAC procède à une arrestation sur les boulevards après les premiers heurts avec des manifestants. — FRED SCHEIBER/SIPA

Un « gilet jaune » blessé le 9 février va déposer vendredi une plainte contre X, soupçonnant un possible fichage « illicite » par l’hôpital parisien l’ayant opéré, a annoncé son avocat à l’AFP.

Ce jour-là, à proximité de l’Assemblée nationale, ce manifestant âgé de 30 ans, Sébastien Maillet, avait eu la main arrachée par une grenade GLI-F4 qui avait explosé. Il avait ensuite été opéré à l’hôpital européen Georges-Pompidou, dans le 15e arrondissement de la capitale.

Recensement nominatif

Sa plainte repose sur un article publié mercredi par le Canard enchaîné. L’hebdomadaire fait état d’un recensement nominatif par les hôpitaux parisiens des personnes blessées lors des manifestations des « gilets jaunes », dans un fichier appelé « SI-VIC » (système d’information pour le suivi des victimes), et mis en place après les attentats de 2015 pour faciliter l’identification des victimes d’attaques.

Cette plainte contre X, qui doit être déposée vendredi au parquet de Paris et dont l’AFP a eu connaissance, vise les infractions de « collecte illicite de données à caractère personnel » et de « violation du secret professionnel ».

« Fichage discriminatoire »

Le jeune homme, qui se base sur les informations du Canard enchaîné, estime que le fichier a été détourné de sa finalité, avec « pour objectif de créer une liste de personnes militantes ». Il fait valoir que son nom a « très certainement » été enregistré dans ce fichier sans son accord et que les médecins ont donc potentiellement violé « le secret professionnel » en dévoilant le nom d’un de leurs patients, militant de la cause des « gilets jaunes ».

« Certains événements politiques comme le mouvement des gilets jaunes révèlent que des administrateurs, des hauts fonctionnaires, peuvent se comporter comme des voyous en violant la loi et en faisant du fichage discriminatoire à raison de l’appartenance politique, et plus odieux encore, au sein même des hôpitaux publics sur des blessés dont certains gravement mutilés », a commenté auprès de l’AFP Arié Alimi, l’avocat du trentenaire.

Respect du secret médical

Le Conseil national de l’Ordre des médecins a par ailleurs indiqué vendredi avoir saisi le ministère de la Santé et la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL) sur l’utilisation de ce fichier « dans le contexte du mouvement social dit des gilets jaunes ».

Alerté notamment par des médecins « responsables de départements d’information médicale ou de services d’urgence », l’organisme déontologique dit partager « les interrogations de ces médecins au regard du secret médical ».