Terrorisme: Neuf ans de prison requis contre la djihadiste française Inès Madani

PROCES La justice lui reproche d’avoir incité, sur Telegram, des hommes comme des femmes à partir en Syrie et à commettre des attentats en France

20 Minutes avec AFP

— 

Ines Madani était jugée devant la 16e chambre du tribunal correctionnel de Paris pour association de malfaiteurs à visée terroriste.
Ines Madani était jugée devant la 16e chambre du tribunal correctionnel de Paris pour association de malfaiteurs à visée terroriste. — Benoit PEYRUCQ / AFP

Jugée, à l’automne prochain, aux assises pour un attentat raté en 2016 près de Notre-Dame de Paris, Inès Madani, comparaissait, depuis mercredi au tribunal correctionnel de Paris, pour association de malfaiteurs à visée terroriste. Une peine de neuf ans d’emprisonnement, assortie d’une période de sûreté des deux tiers, a été requise, ce vendredi, contre la jeune femme de 22 ans.

La justice lui reproche d’avoir animé des groupes sur la messagerie cryptée Telegram dans lesquels elle a incité des hommes comme des femmes à partir en Syrie et à commettre des attentats en France, entre mars 2015 et juin 2016.

La jeune femme se faisait passer pour Abou Souleymane

C’est « une personnalité déroutante », a démarré le procureur. La prévenue utilisait des pseudonymes masculins « pour renforcer sa crédibilité ». Inès Madani, jeune femme à la personnalité fragile, s’est ainsi faite passer pour Abou Souleymane, un djihadiste revenu de Raqqa pour réaliser des attentats en France.

Jeudi, la prévenue a mis en avant le rôle d’Oumar Diaw, surnommé Abou Barrou, un djihadiste influent du groupe Etat islamique (EI) en Syrie, pour lequel elle aurait joué le rôle d’intermédiaire. « Abou Barrou a influencé, encouragé Inès Madani. (…) Mais les actes (de la prévenue) ont perduré après la mort » du djihadiste, qui remonterait à mai 2016, a souligné le procureur.

« C’est elle ici la maîtresse de ce qui va se passer »

« La présence d’Abou Barrou ne doit pas minorer le rôle d’Inès Madani. (…) C’est elle ici la maîtresse de ce qui va se passer », a ajouté le magistrat. La prévenue a écrit deux courriers, dont l’un transmis à Cüneyt K., jugé à ses côtés pour son rôle d'« émir » d’une cellule franco-belge.

Dans cette lettre, écrite de sa main mais signée de son double Abou Souleymane, elle exhortait à commettre un attentat contre « les kuffars (mécréants) dégueulasses ». Dans un deuxième courrier, elle listait les ingrédients nécessaires pour réaliser des explosifs.

Six bonbonnes de gaz placés dans une voiture devant Notre-Dame à Paris

« Elle a la volonté d’aller au bout des projets dans lesquels elle s’investit », selon le procureur. Inès Madani est passée à l’acte en septembre 2016 : elle avait tenté d’enflammer une Peugeot 607 remplie de six bonbonnes de gaz devant la cathédrale Notre-Dame à Paris. Dans ce dossier, elle sera jugée du 23 septembre au 11 octobre aux assises.

 

Le procureur a requis la peine maximale, dix ans d’emprisonnement avec une période de sûreté des deux tiers, contre Cüneyt K., « émir » d’une cellule, dont il a souligné « la formidable intelligence ». Après avoir été refoulé de Turquie alors qu’il voulait aller en Syrie, il avait conservé le rêve de « mourir en martyr ». Il est soupçonné d’avoir voulu organiser des attentats en France et en Belgique. Le procès se poursuit vendredi avec les plaidoiries de la défense.