La djihadiste française Inès Madani bientôt jugée pour association de malfaiteurs à visée terroriste

TERRORISME Elle fait partie du commando de l’attentat déjoué devant Notre-Dame de Paris en 2016… des faits qui seront jugés cet automne

20 Minutes avec AFP

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Le nouveau palais de justice de Paris, dans le 17e arrondissement.
Le nouveau palais de justice de Paris, dans le 17e arrondissement. — GERARD JULIEN / AFP

Inès Madani, qui sera jugée à l’automne pour un attentat raté à la voiture piégée près de Notre-Dame de Paris en 2016, comparaîtra de mercredi à vendredi pour des faits plus anciens, qui avaient révélé son rôle de mentor auprès d’aspirants djihadistes. La jeune femme, 22 ans, originaire de Tremblay-en-France (Seine-Saint-Denis), sera jugée devant la 16e chambre du tribunal correctionnel de Paris pour association de malfaiteurs à visée terroriste.

 

Il lui est reproché d’avoir, entre mars 2015 et juin 2016, animé un ou plusieurs groupes sur la messagerie cryptée Telegram, sur lesquels il était question de projets de départs vers la Syrie ou d’actions violentes, projets qu’elle aurait encouragés. La jeune djihadiste est soupçonnée de s’être fait passer pour un homme pour exercer son influence, en se dissimulant sous des noms de combattants tels qu’Abou Omar ou Abou Souleymane.

Intermédiaire de mariage

« Elle n’hésitait pas à contrefaire sa voix pour se faire passer pour un homme, à envoyer des photos d’hommes en se faisant passer pour eux et utilisait des prénoms masculins », selon l’ordonnance de mise en accusation dans l’affaire de l’attentat raté à la voiture piégée. Elle aurait également fait office d’intermédiaire pour des mariages avec des djihadistes.

La jeune femme sera par ailleurs jugée aux assises du 23 septembre au 11 octobre pour l’attentat raté de Notre-Dame. Dans la nuit du 3 au 4 septembre 2016, Inès Madani et Ornella Gilligmann, une mère de famille qu’elle est accusée d’avoir embrigadée, avaient tenté d’enflammer une Peugeot 607 remplie de six bonbonnes de gaz et aspergée de gasoil qu’elles avaient garée devant des restaurants en face de la cathédrale.

Inès Madani avait été arrêtée quatre jours plus tard à Boussy-Saint-Antoine (Essonne). Se sachant repérée, elle avait tenté de s’attaquer à un policier avec un couteau. Son avocat, Laurent Pasquet-Marinacce, n’a pas souhaité faire de commentaire. Pour les enquêteurs, le jihadiste français Rachid Kassim, propagandiste de Daesh, téléguidait le commando via Telegram depuis la zone irako-syrienne.