Sarthe: Excédés par les nuisances sonores, des riverains de la LGV Paris-Rennes saisissent la justice

TRANSPORTS Plusieurs centaines d'habitants demandent l'indemnisation de leur préjudice

20 Minutes avec AFP

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Une manifestation de riverains de la LGV Paris Rennes, le 17 mars 2019
Une manifestation de riverains de la LGV Paris Rennes, le 17 mars 2019 — JEAN-FRANCOIS MONIER / AFP
  • Les riverains se vivent comme les grands oubliés de la LGV, dont ils subissent le bruit strident et les vibrations.
  • Dans la Sarthe, les riverains voient passer 100 à 120 trains par jours à une vitesse de 320 km/h.

Maisons dépréciées, gîtes désertés, habitants dépressifs… Plusieurs centaines d’habitants de la Sarthe, gênés par les nuisances sonores de la nouvelle ligne à grande vitesse (LGV) Paris-Rennes, s’apprêtent à saisir la justice, a-t-on appris mardi. Leur volonté : obtenir l’indemnisation de leur préjudice.

« Notre objectif est de faire en sorte que ces indemnités soient tellement élevées que la SNCF ait un intérêt à faire des travaux pour réduire le bruit », a expliqué Me Corinne Lepage, qui les défend. Les riverains se vivent comme les grands «oubliés» de la LGV, dont ils subissent le bruit strident et les vibrations, sans en profiter. Les plaignants sont encore au stade des expertises immobilières afin d’évaluer la perte de valeur de leur maison depuis l’extension de la ligne LGV, inaugurée en juillet 2017.

« On aimerait les entendre moins »

« On va déposer 200 dossiers cette année pour la seule Sarthe », a expliqué Laure Artru, présidente du CRI 72 (collectif de représentation des intérêts de riverains), qui espère plusieurs centaines d’autres dossiers par la suite. « On est les laissés-pour-compte d’une société qui veut aller vite », estime-t-elle. Dans la Sarthe, les riverains voient passer 100 à 120 trains par jour à une vitesse de 320 km/h, souligne-t-elle. « On sait très bien qu’on continuera à entendre les trains mais on aimerait les entendre moins », a-t-elle expliqué.

L’ancienne ministre de l’Environnement Corinne Lepage a par ailleurs saisi le Conseil d’État pour demander l’abrogation de l’arrêté interministériel du 8 novembre 1999 relatif au bruit des infrastructures ferroviaires.

Mesures acoustiques conformes

Face à la colère des riverains, Eiffage Rail Express (ERE), gestionnaire de la LGV, avait fait procéder l’an dernier à une série de mesures acoustiques pour vérifier que la réglementation était bien respectée.

La plupart des mesures se sont révélées conformes car la réglementation ne prend pas en compte le bruit instantané d’un train, mais seulement une moyenne lissée sur la journée. Même avec une centaine de TGV par jour à 85 décibels chacun, la moyenne journalière est ainsi conforme à la réglementation.

La ministre des Transports Élisabeth Borne avait estimé en juillet que cette réglementation devait « être revue », car « les règles actuelles ne traduisent pas le ressenti des populations avec une évaluation en bruit moyen qui ne traduit pas les pics qui gênent les riverains ». Contactés, SNCF et ERE n’étaient pas joignables mardi après-midi.