Affaire Carlos Ghosn: Carole Ghosn a quitté le Japon alors que la justice voulait l’entendre

PRISON L’épouse de l’ancien patron de Renault-Nissan dit qu’elle s’est sentie en danger

20 Minutes avec AFP

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Carlos Ghosn et son épouse Carole Ghosn.
Carlos Ghosn et son épouse Carole Ghosn. — AFP

Carole Ghosn, l’épouse de Carlos Ghosn, a quitté le Japon après la nouvelle arrestation de l’ex-patron de Renault parce qu’elle s’est « sentie en danger », a-t-elle affirmé au Journal du Dimanche (JDD). Or, des procureurs japonais voulaient poser des questions à Carole Ghosn, sur la « base du volontariat », selon la chaîne publique NHK, la télévision privée Asashi et l’agence de presse Kyodo. Cette dernière affirme que des sommes éventuellement détournées, reprochées à son mari, pourraient avoir transité par une société dirigée par Carole Ghosn.

Carlos Ghosn, patron déchu de Renault, Nissan et Mitsubishi, a été interpellé jeudi matin à son domicile de Tokyo en raison de nouveaux soupçons de malversations financières, un mois à peine après avoir été libéré sous caution. Carole Ghosn, qui était présente lors de l’arrestation, a indiqué avoir regagné la France malgré la confiscation de son passeport libanais par la police japonaise, en utilisant son autre document de voyage, américain.

Quatrième inculpation

« L’ambassadeur de France m’a accompagnée à l’aéroport, il ne m’a pas lâchée jusque dans l’avion », a-t-elle raconté. « Jusqu’à la dernière seconde je ne savais pas si on me laisserait décoller. C’était irréel ». Elle a aussi dit avoir « refusé » de « signer un mandat en japonais » pendant l’interpellation de son mari. « Puis ils ont voulu m’emmener avec eux. Sur le conseil de mon avocat, j’ai refusé », a ajouté Carole Ghosn.

La nouvelle arrestation de Carlos Ghosn est fondée sur des soupçons de transfert des fonds de Nissan à une société « de facto contrôlée par lui », via un distributeur de véhicules du constructeur japonais à l’étranger, selon le parquet japonnais. Carlos Ghosn est déjà sous le coup de trois inculpations : deux pour déclarations inexactes de revenus durant les années 2010 à 2018, dans des documents remis par Nissan aux autorités financières, et une pour abus de confiance.