Orléans: Un policier visé par une information judiciaire après un tir de LBD sur un lycéen en décembre

MANIFESTATION Touché en plein front le 5 décembre dernier lors d’une manifestation, le lycéen a depuis subi plusieurs interventions chirurgicales

20 Minutes avec agences
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Un lanceur de balle de defense (LBD) de la police nationale. (Illustration)
Un lanceur de balle de defense (LBD) de la police nationale. (Illustration) — ERIC BERACASSAT/SIPA

Une information judiciaire a été ouverte à l’encontre d’un policier orléanais pour blessures involontaires ayant entraîné une interruption totale de travail de moins de 3 mois, a indiqué ce jeudi le procureur de la République d’Orléans (Loiret), Nicolas Bessone, confirmant une information de La République du Centre.

Le 5 décembre dernier, l’agent avait tiré avec un lanceur de balle de défense (LBD) sur un lycéen, le blessant gravement à la tête. L’infraction est passible d’une contravention de 5e classe (1.500 euros d’amende).

Un usage « légitime et proportionné »

L’enquête de l’Inspection générale de la police nationale (IGPN), ordonnée par le procureur, a conclu fin mars à un usage « légitime et proportionné » du LBD, face à un attroupement de manifestants. Le policier n’a fait l’objet d’aucune mesure administrative il ne lui est pas reproché, pour l’instant, un usage abusif de cette arme.

Mais le juge d’instruction devra « déterminer si une faute peut être caractérisée concernant l’exécution du tir et les conditions dans lesquelles il a été réalisé », a précisé Nicolas Bessone. La distance de tir, la zone visée et le respect du protocole seront ainsi évalués par les enquêteurs.

Touché en plein front

Oumar, lycéen de 16 ans, manifestait avec 150 élèves devant l’établissement Jacques Monod, à Saint-Jean-de-Braye, pour demander l’abandon des réformes du lycée, du bac, de la voie professionnelle et de la loi ORE, instituant la plateforme controversée Parcoursup.

L’adolescent avait été touché en plein front et était tombé à la renverse, inanimé, avant d’être conduit à l’hôpital. Souffrant d’un enfoncement de l’os du front, le lycéen a subi plusieurs interventions chirurgicales. Il n’a repris normalement ses cours au lycée que depuis quelques jours. Ses parents ont porté plainte.

Quatre-vingt trois enquêtes en cours

Depuis des mois, plusieurs associations tentent de faire interdire le LBD 40. L’arme a été utilisée plus de 13.000 fois depuis le début du mouvement des Gilets jaunes mi-novembre, lors de manifestations où plus de 2.200 blessés ont été recensés parmi les manifestants, selon le ministère de l’Intérieur.

Il y a un mois, le secrétaire d’État à l’Intérieur, Laurent Nuñez avait reconnu de son côté que 83 enquêtes étaient en cours à propos de tirs avec cette arme controversée.