Strasbourg: Prison ferme pour 17 militants kurdes suite aux dégradations du Conseil de l'Europe

PROCES 17 militants kurdes ont été condamnés jeudi soir par le tribunal correctionnel de Strasbourg à des peines de prison ferme allant d’un mois à un an de prison

N.W.

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Strasbourg: Des militants kurdes ont été jugés le 4 avril pour des dégradations au Conseil de l'Europe (Illustration)
Strasbourg: Des militants kurdes ont été jugés le 4 avril pour des dégradations au Conseil de l'Europe (Illustration) — G. VARELA / 20 MINUTES
  • Jeudi, 17 militants kurdes comparaissaient devant le tribunal correctionnel de Strasbourg, interpellés lors d’un rassemblement émaillé de violences et dégradations à l’agora du Conseil de l’Europe, le 25 février dernier.
  • Ils ont écopé de peines allant d’un mois à un an de prison.
  • Ils devront également indemniser solidairement le Conseil de l’Europe, qui avait chiffré les dégradations à 296.000 euros.

« Ce n’est pas un procès politique », a répété le président du tribunal tout au long de l’audience qui s’est tenue jeudi 4 avril au tribunal de Strasbourg. C’est pourtant la justification avancée par la plupart des prévenus pour expliquer leurs actions devant le Conseil de l'Europe, le 25 février dernier.

Ce jour-là, 17 militants ont été interpellés sur une quarantaine de personnes qui participaient à un rassemblement émaillé de violences et dégradations à l’agora du Conseil de l’Europe. Peu après leur arrivée, ils ont sauté au-dessus des portiques de sécurité et brisé les deux grandes portes d’accès à coups de pavés et de grands cendriers se trouvant à l’entrée.

Un bâtiment qui abrite le Comité européen pour la prévention de la torture

Tous réclamaient la libération de leur chef historique Abdullah Ocalan. Emprisonné depuis 20 ans en Turquie, ce dernier fêtait justement son anniversaire ce 4 avril. Pourquoi avoir visé l’Agora du Conseil de l’Europe en particulier ? Le bâtiment abrite le Comité européen pour la prévention de la torture (CPT), organe du Conseil de l’Europe qui vise à prévenir les cas de torture et autres traitements inhumains ou dégradants.

Les militants kurdes reprochent notamment à la Turquie de priver Abdullah Öcalan de son droit de visite. Plusieurs d’entre eux ont expliqué avoir ressenti « une forte émotion » en trouvant portes closes au CPT, ce qui les aurait conduits à commettre ces dégradations.

Les prévenus étaient jugés pour participation à un groupement en vue de commettre des violences et dégradations avec, selon les cas, une infraction de rébellion ou violence à personne dépositaire de l’autorité publique.

296.000 euros de dégâts

Au terme de 9 heures d’audience, les 17 militants ont écopé de peines allant d’un mois à un an de prison, ont indiqué leurs avocates à l’AFP. Trois prévenus ont écopé des peines les plus sévères : l’un car il a été considéré comme « l’organisateur » du rassemblement, et les deux autres pour dégradations et violences contre des policiers.

Ils sont tous ressortis libres et devront éventuellement purger leurs peines en Allemagne.

Ils devront également indemniser solidairement le Conseil de l’Europe, qui avait chiffré les dégradations à 296.000 euros.

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