Attentats du 13-Novembre: Jawad Bendaoud fixé vendredi dans l’affaire du «logeur de Daesh»

APPEL Il avait été relaxé en première instance, faute de preuve

20 Minutes avec AFP

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Jawad Bendaoud arrive à la cour d'appel de Paris où il est jugé pour "recel de malfaiteurs terroristes", le 21 novembre 2018.
Jawad Bendaoud arrive à la cour d'appel de Paris où il est jugé pour "recel de malfaiteurs terroristes", le 21 novembre 2018. — JACQUES DEMARTHON / AFP

Savait-il qu’il hébergeait deux djihadistes des attaques du 13 novembre 2015, dont leur cerveau présumé, Abdelhamid Abaaoud ? Relaxé en première instance, Jawad Bendaoud, qui a toujours clamé son innocence, connaîtra vendredi la décision de la cour d’appel de Paris. Ce procès est le premier en lien avec les attaques du 13-Novembre qui avaient fait 130 morts à Saint-Denis et Paris.

En février 2018, il s’était conclu par une relaxe pour Jawad Bendaoud. Le tribunal correctionnel avait jugé qu’il n’était « pas prouvé » que Jawad Bendaoud avait « fourni un hébergement à deux individus qu’il savait être des terroristes du 13-Novembre, afin de les soustraire aux recherches et éviter ainsi leur arrestation ».

« Recel de malfaiteurs terroristes »

Sitôt le jugement tombé, le parquet avait fait appel. Jawad Bendaoud a donc été rejugé pour « recel de malfaiteurs terroristes » pour avoir fourni l’appartement où Abdelhamid Abaaoud et son complice Chakib Akrouh s’étaient repliés à Saint-Denis. C’est là qu’ils sont morts dans l’assaut des policiers du Raid, le 18 novembre.

Lors du deuxième procès, Jawad Bendaoud a continué de nier qu’il connaissait ces deux hommes. « A aucun moment, j’ai pensé que j’allais héberger des mecs qui avaient tué plus de 100 personnes ». « Il y avait des trucs louches, mais à aucun moment j’ai tilté », a-t-il martelé. Il a continué aussi de se présenter comme « un musulman non-pratiquant ». A propos des radicalisés, il a répété : « Moi, je n’ai jamais été dans ce délire-là ».

« Pas de preuve » contre « pas fiable »

Pour son avocat Xavier Nogueras, le procès en appel n’a pas permis d’apporter la preuve nécessaire pour le condamner. Jawad Bendaoud, qui a passé vingt-sept mois à l’isolement après son arrestation le 18 novembre 2015, encourt six ans de prison.

L’avocate générale Naïma Rudloff a requis en décembre cinq ans de prison contre ce délinquant multirécidiviste. « La parole de M. Bendaoud n’est pas fiable », a-t-elle affirmé. Il avait loué son squat trois nuits pour 150 euros. « Même sur le marché parallèle, c’est un tarif d’ami », a-t-elle jugé.

« Ils vont me rendre fou », a-t-il dit plusieurs fois dans ce procès. Cette colère a remplacé en appel ses « punchlines » qui avaient fait fureur sur les réseaux sociaux lors du premier procès. « Que je sois condamné ou innocent, ma vie elle est niquée », avait-il notamment hurlé à la barre.