Rennes: Condamné à cinq mois avec sursis, le cyber-harceleur de Nadia Daam fait appel

PROCES Jugé pour avoir menacé de viol la journaliste et sa fille de 11 ans sur le site jeuxvideo.com, l’étudiant avait écopé de cinq mois avec sursis en première instance

Manuel Pavard

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Nadia Daam, lors de sa chronique du 1er novembre 2017 sur Europe 1.
Nadia Daam, lors de sa chronique du 1er novembre 2017 sur Europe 1. — Capture d'écran Europe 1
  • Le cyber-harceleur rennais de Nadia Daam fait appel de sa condamnation à cinq mois de prison avec sursis en première instance.
  • Cet étudiant de 27 ans avait notamment menacé de viol la journaliste et sa fille de 11 ans dans un message posté sur le site jeuxvideo.com.
  • Nadia Daam avait subi une violente campagne de harcèlement après une chronique sur Europe 1 moquant les membres du forum.

Nadia Daam espérait pouvoir tourner la page mais elle devra malheureusement revivre ces douloureux moments à la barre lors d’un procès en appel, a appris 20 Minutes. Pour la journaliste, l’audience du 20 mars dernier devait être la dernière d’une série de procès intentés à ses différents cyber-harceleurs. Ce jour-là, un étudiant en philosophie de 27 ans comparaissait devant le tribunal correctionnel de Rennes pour ses menaces de crime proférées à l’encontre de Nadia Daam et de sa fille.

Dans un message posté le 1er novembre 2017 sur le forum Blabla 18-25 du site jeuxvideo.com, le prévenu avait notamment menacé de « violer son cadavre » mais également de violer sa fille de 11 ans, entre autres sévices et abominations. Des propos d’une rare violence, accompagnés de dizaines d’autres termes tout aussi ignobles.

Une campagne de lynchage numérique et un véritable calvaire

Le « pire message », avait estimé la journaliste, parmi tous ceux reçus en réaction à sa chronique sur Europe 1 visant le forum précité. Victime d’une campagne de lynchage numérique, cette dernière avait ensuite vécu un véritable calvaire : peur permanente - pour elle et pour sa fille -, perte de sommeil, incapacité à travailler, déménagement forcé… Un cauchemar qu’elle avait raconté à la barre avec une émotion palpable, choquée par la froideur et l’aplomb de son harceleur.

L‘étudiant rennais avait finalement été condamné à cinq mois de prison avec sursis et 2.500 euros de dommages et intérêts pour menaces de crime envers la fille de Nadia Daam, mais relaxé pour les menaces de mort contre l’actuelle chroniqueuse de l’émission 28 minutes sur Arte. Une peine jugée plutôt clémente par nombre d’observateurs.

« Ce sera pénible de subir à nouveau ses fanfaronnades indignes »

Pourtant, c’est bien ce premier motif de condamnation qui a incité la défense de l’étudiant à faire appel mercredi. D’après Maître Frédéric Birrien, avocat du prévenu, Nadia Daam s’était en effet constituée partie civile en son nom propre et non pour sa fille. Selon lui, son confrère Maître Eric Morain ne pouvait donc pas représenter légalement la fillette. « C’est un problème exclusivement technique et juridique et non moral », explique à 20 Minutes Me Birrien, fidèle à sa ligne de défense adoptée en première instance.

Une stratégie qui hérisse l’avocat de Nadia Daam. Interrogé également par 20 Minutes, Me Morain ne cache ainsi pas son indignation et celle de sa cliente devant cette décision de la partie adverse. « Cela montre qu’il [le prévenu] n’a rien compris et qu’il persiste », tacle-t-il, avant de se projeter vers la future audience, prêt à retourner dans l’arène : « On y retournera avec la même détermination même s’il sera particulièrement pénible de subir à nouveau ses fanfaronnades indignes. » Le ton est donné…