Attentats du 13-Novembre: La famille d'une victime réclame 45.000 euros à «VSD» pour une photo non floutée

TRIBUNAL Les parents et le frère d’une victime du Bataclan ont réclamé au magazine « VSD » 45.000 euros de préjudice, mercredi à Lyon

J.Lau.

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Photo d'illustration d'un hommage fait aux victimes du Bataclan, en novembre 2015 à Paris.
Photo d'illustration d'un hommage fait aux victimes du Bataclan, en novembre 2015 à Paris. — KENZO TRIBOUILLARD AFP

Plus de trois ans après les attentats du 13-Novembre, les parents et le frère de Cédric Gomet ont pointé mercredi au tribunal de grande instance de Lyon « la mise en scène terrible » de la photo sur une double page publiée par VSD en novembre 2015. Les proches de la victime de 30 ans ont découvert ce cliché pour la première fois au lendemain de la mort de Cédric.

Le natif du Jura y apparaît gisant sur une civière au sol, le visage ensanglanté non flouté. Le volet pénal, réservé aux personnes vivantes, avait vite été clos après la plainte de la famille contre VSD. L’affaire s’est donc retrouvée mercredi devant la chambre civile du TGI de Lyon, comme l’explique Le Progrès. La partie civile a réclamé, en réparation du préjudice subi, 45.000 euros.

Une légende erronée évoquant « un rescapé qui a échappé au pire »

S’opposent ici « le sensationnalisme d’une photo » et le droit à l’information mis en avant par le magazine. « On ne peut pas laisser la liberté d’expression piétiner les sentiments et les souffrances des personnes, pointe Me Marine Durillon, avocate de la famille de Cédric Gomet. Mettons-nous à la place des parents tombant sur cette photo et sur une légende erronée qui évoque “un rescapé qui a échappé au pire” ».

Pour Me José Michel Garcia, avocat de VSD, « cette photographie n’a aucune dimension dégradante. En regardant cette image, nous nous identifions à cette victime et nous disons : nous sommes tous des Cédric Gomet ». Le jugement sera rendu le 23 mai.