Procès «Air Cocaïne»: La personnalité des deux pilotes «honnêtes et parfaits» passée au crible

JUSTICE La cour d’assises des Bouches-du-Rhône, qui juge jusqu’au 5 avril l’affaire dite « Air Cocaïne », a abordé la personnalité de Bruno Odos et Pascal Fauret

Adrien Max

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Bruno Odos et Pascal Fauret, les deux anciens pilotes impliqués dans l'affaire «Air Cocaïne», arrivent aux assises d'Aix-en-Provence en 2019
Bruno Odos et Pascal Fauret, les deux anciens pilotes impliqués dans l'affaire «Air Cocaïne», arrivent aux assises d'Aix-en-Provence en 2019 — Gérard Julien / AFP
  • La cour d’assises des Bouches-du-Rhône a abordé les enquêtes de personnalité des accusés dans l’affaire « Air Cocaïne », notamment des deux pilotes Bruno Odos et Pascal Fauret.
  • Après avoir servi dans la Marine, puis l’Armée, ils se sont reconvertis dans l’aviation civile.
  • D’un point de vue personnel comme professionnel, tout le monde vante les qualités des deux pilotes, décrit comme « professionnels, rigoureux et fiables ».

« Fiable », « rigoureux », « responsable » et pétris de valeurs. La cour d’assises des Bouches-du-Rhône qui juge jusqu’au 5 avril l’affaire «  Air Cocaïne » s’est penchée mardi après-midi sur la personnalité des accusés, et notamment sur celles des deux pilotes Bruno Odos et Pascal Fauret. Tout au long de l’après-midi, les débats ont souligné le parcours parfait des deux pilotes, pourtant accusés d’avoir convoyé de la  cocaïne à bord d’un Falcon 50 transportant des valises entre la République Dominicaine et Saint-Tropez.

Dès leur plus jeune âge, Bruno Odos et Pascal Fauret ont ainsi poursuivi le même rêve : celui de devenir pilote. « Dès ses 5 ans et de par ses lectures ou les récits de voyage de son père marin, Fauret voulait devenir pilote », a expliqué l’enquêtrice de personnalité, dont le président a souligné le travail de grande qualité. Une fois rentré dans la Marine à l’âge de 18 ans en tant que pilote de chasse, « Pascal Fauret s’est toujours porté volontaire pour les missions les plus risquées », a-t-elle encore précisé.

Ce parcours exemplaire conduit même Pascal Fauret à être habilité pour l’arme nucléaire et, plus tard, à devenir pilote de Canadair. Un poste qu’il finira par refuser au profit de l’aviation civile et de son envie de rester proche de sa famille. Les éloges ne s’arrêteront pas là, Pascal Fauret est également décrit comme un grand professionnel, un être fiable, rigoureux et responsable. Un ancien camarade de l’armée assurera avoir « entière confiance en cet homme d’honneur, avec des valeurs comme l’honnêteté ».

Des pilotes de chasse hors pair

La description de Bruno Odos ressemble comme à deux gouttes d’eau à celle de son ami Pascal Fauret. Après une agression subie par son père, il devient responsable de ses frères et sœurs alors qu’il est toujours mineur et ce, grâce à « son sens des responsabilités ». La licence de pilote de ligne étant trop chère, il intègre lui aussi la Marine à l’âge de 22 ans avant de rejoindre l’armée de l’air au début des années 1990.

Bruno Odos sera, entre autres théâtres d’opérations, envoyé en Yougoslavie et recevra une lettre de félicitations de l’Etat-major des armées ainsi qu’une médaille de l’ONU pour service rendu. « J’étais hibou, c’est-à-dire que j’étais capable d’atterrir de nuit sur un porte-avions. Puis j’ai obtenu les qualifications pour des assauts nucléaires au sein d’une force stratégique », détaille celui dont l’un des camarades déclarera « être prêt à lui confier [sa] vie ».

Apprécié sur le plan professionnel et personnel

Une fois reconverti dans l’aviation civile, dont il paiera la formation sur ses propres deniers, Bruno Odos s’investit beaucoup dans la société qui l’emploie. « Il a su se faire apprécier tant sur le plan professionnel que personnel grâce à son organisation, sa rigueur et une certaine forme de rigidité », a avancé l’enquêtrice de personnalité, avant de conclure : « Il n’y a aucune maladie mentale, ni trouble de la personnalité chez ces deux hommes. »

Ces personnalités exemplaires sont le socle de la mobilisation du comité de soutien de Bruno Odos et Pascal Fauret. Selon les enquêteurs, cette honnêteté et ces valeurs n’empêchent en rien la possibilité que les deux pilotes puissent être bel et bien au courant de la contenance des valises qu’ils transportaient, soit 700 kg de cocaïne.