Nice: Les blessures de Geneviève Legay «ne résultent pas d'une poussée volontaire» selon le procureur

JUSTICE Le procureur de la République de Nice, Jean-Michel Prêtre, a fait un point sur l'enquête lundi soir

Mathilde Frénois

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Geneviève Legay avant la charge des policiers, samedi à Nice.
Geneviève Legay avant la charge des policiers, samedi à Nice. — M. Frénois / ANP / 20 Minutes

Le procureur de la République de Nice Jean-Michel Prêtre et ses équipes ont analysé les images. A la fois celles de la vidéosurveillance et celles des journalistes présents sur place. Il en a tiré deux conclusions : Geneviève Legay « n’est pas tombée toute seule », et elle « n’a pas été touchée, frappée intentionnellement par quelqu’un, notamment par un agent de sécurité ».

 

« Ça ne résulte pas d’une poussée volontaire. Elle a été poussée à l’évidence par l’arrière. Au moins par trois personnes qui ne sont pas des forces de sécurité : visiblement un journaliste qui filmait, un manifestant avec un “gilet jaune” et une autre personne avec une casquette marron, détaille Jean-Michel Prêtre. Cela a provoqué sa chute en arrière. Cette chute est intervenue alors que les forces de sécurité avançaient dans le cadre d’une action de dispersion. »

Fracture au crâne

Geneviève Legay se trouvait sur la place Garibaldi de Nice samedi matin, une zone interdite de manifestation par arrêté préfectoral. Alors que les policiers tentaient d’évacuer les lieux, elle a été prise dans la charge des forces de l’ordre. La retraitée de 73 ans a chuté. Transportée à l’hôpital par les pompiers, elle souffre d’une « plaie de trois centimètres avec une fracture au crâne », indique ce jour le parquet.

Geneviève Legay a été entendue dimanche matin. « Elle a indiqué que, au moment où elle est tombée, elle tournait le dos aux forces de sécurité, détaille le procureur de la République. Elle ne se rappelle pas par qui elle a été poussée, mais elle suppose par les forces de sécurité. »

Encore des images à saisir

Son avocat a déposé une plainte ce lundi en début d’après-midi au nom de ses proches pour « violence en réunion avec arme par personnes dépositaire de l’autorité publique contre personne vulnérable, une plainte qui vise aussi le préfet en sa qualité de donneur d’ordres ». Il a porté également plainte pour « subornation de témoins », estimant que des policiers auraient tenté de faire dire à Geneviève Legay qu’elle aurait été poussée par un cameraman. Cette plainte-ci, le procureur ne l’a pas encore reçue.

Les investigations se poursuivent. « Il y a encore des images qui pourraient être intéressantes à saisir et à analyser, et un grand nombre de témoignages à recueillir, dit Jean-Michel Prêtre. A l’issue, une décision pourra être prise pour savoir si les blessures découlent ou pas d’une infraction pénale. » Aucune enquête IGPN n’a été ouverte car les investigations se concentrent sur la recherche des causes des blessures. La question de l’usage d’une force proportionnée ou non relève de l’autorité administrative.