Nîmes: L’entraîneur de boxe aux assises pour le meurtre du champion de kickboxing

ASSISES L'ex-président et entraîneur de l’American boxing beaucairois, comparait aux assises du Gard pour le meurtre de son poulain, le boxeur Farid Amara

Jerome Diesnis

— 

Illustration de gants de boxe.
Illustration de gants de boxe. — 3dman_eu
  • La cour d’assises du Gard doit se prononcer sur le meurtre du boxeur Farid Amara, dont le corps avait été retrouvé carbonisé dans le jardin de son entraîneur.
  • Devant les enquêteurs comme le juge d’instruction, l’accusé a reconnu le meurtre mais nié la préméditation.
  • Une affaire d’argent entre les deux hommes serait à l’origine du drame.

La cour d’assises du Gard juge jusqu’à mercredi, un entraîneur de kickboxing de Beaucaire accusé d’avoir tué son élève, le boxeur Farid Amara. Devant les policiers comme devant le juge d’instruction, il a reconnu sa culpabilité, mais nie toute préméditation.

Le 17 avril 2015, la voiture de Farid Amara avait été retrouvée incendiée, tandis que les proches de la victime signalaient sa disparition. Les enquêteurs avaient très vite fait le rapprochement avec l’accusé. Une reconnaissance de dettes portant sur 10.000 euros avait été retrouvée au domicile de la victime. C’était aussi la dernière personne avec laquelle il s’était entretenu au téléphone.

Abattu d’un coup de fusil

Rapidement interpellé, l’entraîneur avait reconnu les faits en garde à vue et expliqué que le boxeur le rackettait depuis plusieurs mois. Leur entrevue le soir du drame aurait dégénéré et il l’aurait abattu d’un coup de fusil. Il avait indiqué l’emplacement du corps carbonisé, enterré dans son jardin. Quelques jours plus tôt, li avait creusé un trou pour y enfouir des déchets, ce que des témoins ont confirmé aux enquêteurs.

Leurs témoignages devant les jurés seront capitaux : si l’entraîneur reconnaît le meurtre devant la cour d’assises, comme il l’a fait lors de l’instruction, les débats devraient se cristalliser sur la préméditation. Une circonstance aggravante qui requalifierait le meurtre en assassinat, si elle était avérée. « L’enquête a écarté la préméditation », rappelle Luc Abratkiewicz, l’avocat de la défense. Les avocats de la famille de la victime, qui rejettent les accusations de racket, devraient tenter de prouver le contraire. Le verdict est attendu pour mercredi dans la soirée.