Val-de-Marne: Un aide-soignant devant la justice pour avoir violenté une personne âgée de 98 ans

MALTRAITANCE Devant les enquêteurs, l’aide-soignant avait d’abord nié, avant de reconnaître les faits, disant avoir « pété un câble »

20 Minutes avec AFP

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Image d'illustration d'une personne âgée.
Image d'illustration d'une personne âgée. — EAN-CHRISTOPHE VERHAEGEN / AFP

Sur les vidéos, on le voit violenter, insulter une dame de 98 ans, qui le supplie d’arrêter. Un aide-soignant doit être jugé ce vendredi pour des violences en février dans un Ehpad d’Arcueil, dans le Val-de-Marne.

Présenté au tribunal de Créteil mi-février, cet homme de 57 ans avait demandé le renvoi de son procès pour préparer sa défense, et a été placé en détention provisoire. Il avait été interpellé quelques jours plus tôt, après une plainte des enfants de la vieille dame. Soupçonnant des violences sur leur mère, ces derniers avaient installé une caméra de surveillance dans sa chambre de cet Ehpad du groupe Adef résidence.

Un acte d’une violence « insoutenable »

Sur les vidéos, une scène est particulièrement choquante, selon plusieurs sources qui les ont visionnées. La vieille dame est au sol, apparemment tombée de son lit. On l’entend crier « à l’aide » pendant une heure, avant que n’arrive l’aide-soignant. « Ferme ta gueule », lui dit-il. Il la tire violemment par les jambes pour la remettre dans son lit, lui donne des coups de pied, des gifles, la tire par les cheveux. « Tu me fais chier espèce de vieille salope », « ferme ta gueule », répète-t-il encore.

« Pitié pour moi », le supplie la vieille dame, en pleurs. Le lendemain et alors que la famille n’a pas encore vu la vidéo, ils sont informés par l’Ehpad d’une « fracture spontanée du fémur » de leur mère, qui se verra prescrire 90 jours d’ITT (incapacité totale de travail).

Devant les enquêteurs, l’aide-soignant avait d’abord nié, avant de reconnaître ce qu’il a qualifié d’actes isolés, disant avoir « pété un câble ». D’autres familles de pensionnaires de l'Ehpad ont été entendues, mais aucune n’a rapporté d’anomalies. Adef résidences, qui s’est constitué partie civile, avait déploré un « acte de violence insoutenable » et dit avoir mis à pied son salarié, employé depuis dix ans, « dès connaissance des faits ». Joints par 20 Minutes, les avocats du mis en cause et de la famille des victimes n’ont pas souhaité répondre à nos sollicitations.