Affaire Benalla: Le Sénat décide de transmettre les dossiers des trois proches de Macron à la justice

ENQUETE La justice va désormais devoir trancher s’il y a eu faux témoignage devant la commission d’enquête du Sénat

L.Br. avec AFP

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Alexandre Benalla devant la commission d'enquête sénatoriale le 21 janvier 2019.
Alexandre Benalla devant la commission d'enquête sénatoriale le 21 janvier 2019. — Jacques Witt/SIPA

Saisir ou non la justice, un vrai dilemme pour le Sénat. Ce jeudi, les membres du Bureau de l’institution ont tranché. Au terme d’une longue réunion, ils ont décidé de transmettre au parquet les cas d’ Alexandre Benalla, Vincent Crase, Alexis Kohler, Patrick Strzoda et celui du général Lavergne, ces trois derniers noms étant des proches d’Emmanuel Macron.

Ils sont soupçonnés de faux témoignage face à la commission d’enquête du Sénat lors de leurs auditions dans l’affaire Benalla. La justice va devoir déterminer si oui ou non ces soupçons sont fondés. Si c’est le cas, ce délit est passible de 5 ans de prison et de 75.000 euros d’amende. Cette transmission ne vaut pas condamnation, rappelle Public Sénat.

Vote à huis clos et à main levée

La réunion a débuté à 8h30 ce jeudi et le vote a eu lieu à main levée et à huis clos. Si le sort de Benalla et celui de son acolyte et ex-salarié LREM Vincent Crase, semblaient déjà scellés, les cas du secrétaire général de l’Élysée Alexis Kohler, le directeur de cabinet Patrick Strzoda, et le chef du groupe de sécurité de la présidence, le général Lionel Lavergne restaient en suspens du fait de leur proximité avec Emmanuel Macron. Leur position confère une dimension politique à la décision rendue par les sénateurs.

La saisine de la justice avait été demandée par la commission d’enquête pour les trois collaborateurs du chef de l’État afin de vérifier « un certain nombre d’omissions, d’incohérences et de contradictions » relevées lors de leurs auditions sous serment. Ils auraient « retenu une part significative de la vérité ».

Le Bureau du Sénat compte 26 membres : 10 Les Républicains, 6 Socialistes, 5 centristes, 2 RDSE, dont un devait être absent, 1 La République en Marche, 1 CRCE (communiste) et 1 Indépendant.