Marseille: Le procès de l’effondrement mortel de la scène de Madonna au Vélodrome aura lieu 10 ans après

EFFONDREMENT AU VELODROME Le procès de l’effondrement mortel de la scène de Madonna au Vélodrome à Marseille pourrait se tenir à l’automne

20 Minutes avec AFP

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Le 16 juillet 2009, une partie du toit de la scène de Madonna s'est effondrée au stade Vélodrome de Marseille.
Le 16 juillet 2009, une partie du toit de la scène de Madonna s'est effondrée au stade Vélodrome de Marseille. — MARINS POMPIERS DE MARSEILLE/ REUTERS
  • Dix ans après l’effondrement du toit de la scène de la chanteuse Madonna au stade Vélodrome occasionnant la mort de deux ouvriers, le procès aura bien lieu.
  • Les 11 prévenus - quatre personnes morales et sept personnes physiques - seront jugés pour homicides et blessures involontaires ainsi que pour de multiples infractions à l’hygiène et à la sécurité prévues par le Code du travail.

Dix ans après, le procès de l’effondrement meurtrier de la scène devant accueillir Madonna au stade Vélodrome en 2009 devrait enfin avoir lieu à Marseille : sept personnes et quatre sociétés dont la branche française de Live Nation, seront jugées en correctionnelle. Le procès pourrait se tenir à l’automne, devant le tribunal correctionnel de la cité phocéenne, selon l’ordonnance de renvoi signée le 29 janvier et consultée mercredi par l’AFP.

Le 16 juillet 2009, trois jours avant le concert de la reine de la pop sur la pelouse de l’Olympique de Marseille, le toit de la scène s’effondre, en cours de montage : sous les 60 tonnes de la structure métallique, deux techniciens perdent la vie, Charles Criscenzo, un Français de 52 ans, et Charles Prow, un Britannique de 23 ans. Huit autres sont blessés et l’un d’entre eux se suicide deux ans plus tard. Selon ses proches, il ne s’était jamais remis de ce drame.

« Imprévoyance, négligence et incurie »

Les 11 prévenus - quatre personnes morales et sept personnes physiques - seront jugés pour homicides et blessures involontaires ainsi que pour de multiples infractions aux règles relatives à l’hygiène et à la sécurité prévues par le Code du travail. « Leur nombre important montre l’imprévoyance, la négligence, l’incurie qui ont prévalu avant et pendant le chantier de montage » de la scène, assène le juge d’instruction Pierre Philipon dans son ordonnance.

S’appuyant sur les conclusions de plusieurs expertises et du rapport de l’inspecteur du travail, le magistrat instructeur estime que « l’organisation du concert s’est caractérisée par une totale improvisation en ce qui concerne la préparation et la réalisation des opérations de montage de la structure scénique ». Les experts qualifient notamment d'« injustifiable » la présence de personnes sous le toit en cours de levage.

Madonna, 50 ans à l’époque des faits, n’avait pas répondu à la convocation du juge d’instruction, auquel elle avait adressé un courrier soulignant qu’elle n’était pas impliquée dans le volet technique du montage de la scène et qu’elle n’avait demandé à personne de la monter plus rapidement pour permettre une journée supplémentaire de répétition. Dans ce même courrier, elle avait présenté ses condoléances aux familles des victimes.