Marseille: La société Bourbon devant la justice pour des soupçons de corruption en Afrique

JUSTICE Le groupe de services pétroliers Bourbon et huit de ses cadres comparaissent à partir de ce lundi devant le tribunal correctionnel pour corruption d'agents du fisc en Afrique

20 Minutes avec AFP

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Le tribunal de grande instance de Marseille
Le tribunal de grande instance de Marseille — P. Magnien / 20 Minutes
  • Ce lundi s'ouvre le procès de la société Bourbon, soupçonnée de corruption en Afrique. 
  • A la barre du tribunal correctionnel de Marseille, huit des cadres de cette société. 
  • L'enquête avait été déclenchée après la découverte à l'aéroport de Marseille d'une valise remplie de liasse de billets. 

La découverte en 2012 à l’aéroport de Marseille d’une valise contenant 250.000 dollars et appartenant au directeur fiscal du groupe Bourbon avait fait naître des soupçons sur un vaste système de corruption d’agents du fisc africains. La société de services pétroliers et huit de ses dirigeants sont jugés à partir de lundi par le tribunal correctionnel de Marseille.

De retour d’un voyage d’affaires au Nigeria le 19 octobre 2012, Marc Cherqui, directeur fiscal du groupe Bourbon spécialisé dans les services maritimes à l’industrie pétrolière et coté en Bourse, atterrit à l’aéroport de Marseille-Marignane, la société ayant son siège à Marseille. Mais il ne peut récupérer son bagage dont il s’empresse de déclarer la perte. Et pour cause, la valise qui a été retrouvée et a été confiée aux douanes, contient, rangés en liasses de 100 dollars, quelque 250.000 dollars.

Un procès jusqu’au 27 mars

Une enquête est lancée. Elle aboutit au renvoi devant le tribunal correctionnel de Marseille pour corruption active d’agents publics étrangers, de Bourbon en tant que personne morale, de son directeur général de l’époque Christian Lefevre et de ses directeurs délégués Gaël Bodenes, aujourd’hui directeur général, et Laurent Renard. Cinq autres ex-cadres comparaîtront à leur côté pour complicité de corruption dans ce procès prévu jusqu’au 27 mars.

Selon l’accusation, les investigations ont révélé « une volonté assumée » du groupe au milliard d’euros de chiffre d’affaires et « qui ne paie aucun impôt en France, de se soustraire au paiement des impôts légitimement dus », en l’occurrence au Nigeria, en Guinée-équatoriale et au Cameroun, en soudoyant des agents de recouvrement en cas de redressement, pour un montant total estimé d’environ 3,2 millions de dollars.

Après avoir dit dans un premier temps ignorer la présence de l’argent dans sa valise, puis évoqué des problèmes financiers liés à son divorce, le directeur fiscal, licencié depuis, a finalement expliqué aux enquêteurs s’être déplacé à Lagos pour trouver un accord « transactionnel » à la suite d’un contrôle fiscal déclenché contre sa société.