Filière djihadiste de Trappes: Trois hommes condamnés pour financement

PROCES L’un des trois accusés a été condamné pour association de malfaiteurs à visée terroriste

20 Minutes avec AFP

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Illustration police.
Illustration police. — E. Frisullo / 20 Minutes

Jusqu’à six ans de prison. Trois hommes originaires de Trappes (Yvelines) ont été condamnés, ce mardi, pour avoir envoyé des fonds à des djihadistes français en Syrie, notamment Walid Hamam, un cadre de l’organisation Etat islamique tué fin 2016.

Seul à comparaître détenu, Badradine Kherchouch, un ex-trafiquant de drogue, a été condamné à six ans assortis d’une période de sûreté de moitié. Il est le seul du trio à être condamné pour association de malfaiteurs à visée terroriste en plus du délit de financement. Il a reconnu avoir envoyé plusieurs milliers d’euros en Syrie mais aussi des vêtements, destinés essentiellement à Walid Hamam, par « amitié » et « pour son bien-être ».

Deux des condamnés pourront purger leur peine avec un bracelet électronique

Plus largement, il était jugé pour avoir servi de « relais d’information, de collecteur de fonds et de soutien logistique en France » à plusieurs djihadistes originaires de Trappes. Mais aussi pour avoir convoyé jusqu’à Francfort un homme qu’il ne connaissait pas, Faïz Bouchrane, en partance pour la Syrie. Ce dernier a ensuite été incarcéré au Liban pour son implication dans un projet d’attentat suicide.

Abou S., un ami d’enfance de Walid Hamam, a été condamné à cinq ans, dont deux avec sursis assorti d’une série d’obligations. Et Mohamed A., dont deux soeurs et leurs six enfants se trouvaient en Syrie, à quatre ans, dont deux avec sursis. Ces deux prévenus, également condamnés chacun à 5.000 euros d’amende, ont déjà passé plusieurs mois en détention provisoire et pourront purger le reliquat de leur peine ferme en portant un bracelet électronique.

« C’était uniquement dans le but d’aider mes neveux et nièces »

Les avocats de ces deux hommes avaient plaidé leur relaxe, insistant sur leur absence d’adhésion aux thèses djihadistes. Abou S. a financé « son ami » Walid Hamam et pas le terrorisme, ont souligné ses défenseurs. « Je n’ai jamais voulu financer une organisation terroriste, c’était uniquement dans le but d’aider mes neveux et nièces », a assuré Mohamed A.

La procureur avait requis jusqu’à sept ans d’emprisonnement, les prévenus ayant « en toute connaissance de cause apporté une aide financière, matérielle ou logistique » aux djihadistes. Walid Hamam, l’une des figures de la filière djihadiste de Trappes, avait été tué en décembre 2016 par une frappe de la coalition internationale luttant contre l’EI. Selon les Etats-Unis, il était chargé d’organiser des attaques suicides.