Bretagne: La justice autorise un projet de parc éolien dans le deuxième plus grand massif forestier

ENERGIE Seize éoliennes doivent être construites en forêt de Lanouée dans le Morbihan

J.G. avec AFP

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Une éolienne, ici à Plémet, dans les Côtes d'Armor.
Une éolienne, ici à Plémet, dans les Côtes d'Armor. — C. Allain / APEI / 20 Minutes

Les opposants au projet de parc éolien en forêt de Lanouée (Morbihan) font grise mine. Dans une décision rendue le 5 mars, la cour d’appel administrative de Nantes a autorisé la poursuite du projet, annulant ainsi un jugement du tribunal administratif de Rennes datant du 7 juillet 2017. Ce jugement de première instance annulait les permis de construire délivrés en février 2014 par le préfet du Morbihan pour 16 éoliennes en forêt de Lanouée, deuxième massif forestier breton.

Suivant l’avis du rapporteur public et du juge des référés, le tribunal invoquait la richesse écologique du milieu et les dimensions « hors d’échelle » du projet. Le parc éolien, porté par la société Les Moulins de Lohan, filiale du groupe canadien Boralex, vise à construire 16 éoliennes de 185 mètres de haut et d’une emprise au sol de 16 hectares, soit 0,4 % des 3.800 hectares de la forêt, pour un périmètre total de 331 hectares et une puissance installée de 50 MW.

« Un vrai désastre écologique » pour l’avocat des riverains

Pour Maître Sébastien Collet, qui défend des riverains et la Société pour la protection des paysages et de l’esthétique de la France (SPPEF), cette décision va entraîner un « véritable désastre écologique ». L’avocat fait observer qu’au total, avec ces 16 éoliennes supplémentaires, il y aura plus de 70 éoliennes dans un rayon d’une dizaine de kilomètres dans ce secteur.

« C’est une déception. Ce que nous contestions, ce ne sont pas les éoliennes mais le choix de leur implantation dans ce massif forestier (…) C’est une décision qui n’est pas en faveur de la protection du milieu naturel », a déclaré Romain Ecorchard, juriste en charge du dossier au sein de l’association Bretagne Vivante.

Les opposants ont deux mois pour déposer un éventuel pourvoi devant le Conseil d’Etat mais ce pourvoi n’est pas suspensif et les travaux pourraient donc reprendre librement.