Christophe Castaner porte plainte contre un syndicat après la diffusion d'une affiche

ENQUETE L’affiche fait référence à l’arrestation de lycéens à Mantes-la-Jolie, dont les images avaient choqué lors de leur diffusion

20 Minutes avec AFP

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Christophe Castaner, ministre de l'Intérieur, à Cenon.
Christophe Castaner, ministre de l'Intérieur, à Cenon. — SIPA

Le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner a porté plainte contre le syndicat Info’Com-CGT en raison d’une affiche qui évoque l’interpellation en décembre de lycéens à Mantes-la-Jolie (Yvelines). Les images de cette interpellation montrant des rangées de dizaines d’élèves à genoux, les mains sur la tête, placés sous la surveillance de policiers casqués, armés de matraques et de boucliers, avaient suscité de vives réactions.

Trois jours après cette interpellation, le 9 décembre dernier, Info’Com-CGT, branche de la CGT dédié aux salariés de l’information et de la communication, avait publié une affiche montrant une personne en tenue de policier foulant aux pieds un ours en peluche ensanglanté. Le syndicat avait ajouté la légende : « Touchez pas à nos enfants ! »

Une affaire créée « de toutes pièces »

Le secrétaire général du syndicat, Romain Altmann, est convoqué le 18 mars par la direction de la police judiciaire « pour des faits de diffamation publique envers (des) fonctionnaires de police ». « C’est la première fois qu’un ministre de l’Intérieur déclenche une procédure pénale contre nous en raison d’une affiche », a déclaré Romain Altmann à l’AFP. « Notre syndicat ne sourit pas », écrit par ailleurs Info’Com dans un communiqué mercredi. « Il prend très au sérieux la création de toutes pièces d’une affaire qui vise la liberté d’expression, s’agissant en particulier d’une action policière plus que controversée. »

L’affiche, ajoute le syndicat, constitue « bien plus un appel à la prudence dans le traitement des manifestants, jeunes en particulier, qu’une diffamation à l’égard d’une institution ». Info’Com-CGT appelle par ailleurs à un rassemblement de soutien le 18 mars devant le nouveau palais de justice de Paris et lance une pétition « pour défendre la liberté d’expression ».