Nice: Jugé pour avoir voulu se débarrasser de l'occupante de son viager, il est soupçonné d’être un empoisonneur en série

ASSISES Cet Azuréen de 49 ans est également mis en examen pour la mort d'une femme qui avait fait de lui son légataire universel

Fabien Binacchi
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Le palais de justice de Nice.
Le palais de justice de Nice. — Google Maps
  • Olivier Cappelaere, 49 ans, est accusé d’avoir voulu empoisonner avec de l’atropine l’occupante de son appartement en viager du Cannet, dans les Alpes-Maritimes.
  • Il encourt la réclusion criminelle à perpétuité.
  • Le quinquagénaire est également mis en examen dans le cadre de la mort d’une autre retraitée dont il était le légataire universel.

Olivier Cappelaere a-t-il voulu devenir propriétaire plus rapidement ? Cet homme de 49 ans, dont l’entreprise était en dépôt de bilan au moment des faits, est jugé dès ce lundi matin à Nice pour avoir, en 2015, tenté d’empoisonner Suzanne, une retraitée qui lui avait vendu son appartement du Cannet en viager. Il encourt la réclusion criminelle à perpétuité.

Les jurés de la cour d’assises des Alpes-Maritimes auront trois jours pour trancher tout en sachant que le quinquagénaire est mis en examen pour un second empoisonnement, fatal cette fois-ci. Des traces d’atropine ont été également retrouvées sur Jacqueline, une vieille dame décédée en 2014 qui avait fait de lui son légataire universel. Le corps de cette femme avait été exhumé après la révélation de la première affaire.

De l’atropine mélangée à l’eau minérale

« Une personne de l’entourage de la retraitée s’était manifestée, sachant que ce monsieur [Olivier Cappelaere] faisait partie de ses relations », rappelle Fabienne Atzori, la procureure de la République de Grasse. Jacqueline, morte à l’âge de 92 ans, était en fait une voisine du chef d’entreprise avait qui elle s’était liée d’amitié. L’instruction dans ce dossier devrait encore prendre plusieurs années, mais les enquêteurs sont déjà convaincus que l’Azuréen pourrait être un empoisonneur en série.

Jusqu’à mercredi, c’est le cas de Suzanne, aujourd’hui âgé de 89 ans, qui sera au centre des débats. A trois reprises, entre février et avril 2015, Olivier Cappelaere lui aurait administré de l’atropine, un médicament mortel à haute dose, en la mélangeant à de l’eau minérale. Les enquêteurs en sont convaincus depuis la découverte de cette même substance dans un collyre pour chien au domicile de l’accusé.

« Le fait qu’il pouvait avoir un mobile a aveuglé l’enquête »

Hospitalisée plusieurs fois pour de violents troubles neurologiques, la retraitée avait réchappé au pire in extremis. « Olivier Cappelaere conteste ces faits. Le fait qu’il pouvait avoir un mobile a aveuglé l’enquête », soutient l’avocat du quinquagénaire incarcéré à Grasse depuis 2015, Me Bernard Ginez, interrogé par 20 Minutes.

Au centre des investigations, la vente en viager de l’appartement de l’octogénaire, conclue en 2008. Et les difficultés financières du débirentier. Olivier Cappelaere avait été contraint de déposer le bilan de sa société de découpe de viande. Et il avait même, à plusieurs reprises, eu du mal à verser les 650 euros de rente mensuelle à la vendeuse.