Marseille: Information judiciaire sur la mort d'une octogénaire après un tir de lacrymogène

MANIFESTATION L'octogénaire avait reçu la grenade en plein visage alors qu'elle fermait ses volets

J.D.

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Un gendarme lançant une grenade lacrymogène, illustration.
Un gendarme lançant une grenade lacrymogène, illustration. — LOIC VENANCE AFP

Une information judiciaire a été ouverte à Marseille suite à la mort d'une octogénaire en décembre dernier. Au moment des faits, cette dernière avait été touchée, chez elle, par un tir de grenade lacrymogène en marge de manifestations de « gilets jaunes ». L’octogénaire fermait les volets de son appartement au quatrième étage lorsqu’un projectile avait heurté son visage. Des plots de grenade avaient été retrouvés chez elle.

Cette enquête menée par un juge d’instruction a été « ouverte pour recherche des causes de la mort » et est « toujours en cours », a précisé le procureur de la République de Marseille, Xavier Tarabeux.

Après le décès de cette Algérienne à l’hôpital, le parquet avait saisi l'IGPN, la police des polices, dans le cadre d’une enquête préliminaire. Mme Redouane, hospitalisée après avoir été blessée « par des éléments d’une grenade lacrymogène », était morte « d’un choc opératoire », avait expliqué le parquet après son autopsie.

« Un agent de police m’a visée »

Ce samedi, des proches de la victime, dont sa fille Milfet qui avait fait le voyage depuis Alger, ont déposé des fleurs devant l’immeuble où elle vivait, au coin de la Canebière.

« Elle m’a dit qu’elle avait reçu la grenade alors qu’elle fermait sa fenêtre à cause des lacrymogènes », a témoigné lors du rassemblement sa voisine d’en dessous, Nadia Takouche, qui lui avait alors apporté assistance. La victime lui aurait dit : « Un agent de police m’a visée », affirme ce témoin.

Sa voisine l’aurait trouvé en sang et défigurée

« Je l’ai entendue frapper le sol avec ses pieds et crier "au secours" », a-t-elle poursuivi, précisant s’être alors précipitée chez sa voisine et l’avoir trouvée « en sang, défigurée, dans un appartement rempli de poussière ».

L’immeuble de la victime donne sur une rue étroite, au coin de la Canebière. Des incidents violents y avaient éclaté après une journée où s’étaient mêlées plusieurs manifestations, « gilets jaunes », CGT, et militants contre l’habitat insalubre dans la cité phocéenne.