Brest: Deux ans de prison pour le détenu fiché S qui s’était évadé

JUSTICE Le jeune Finistérien avait profité d’un transfert médical pour s’évader en mai 2018, avant d’être arrêté en Espagne 15 jours plus tard

M.Pa avec AFP

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Vue de l'extérieur de la prison de Brest où le détenu était incarcéré.
Vue de l'extérieur de la prison de Brest où le détenu était incarcéré. — Fred Tanneau / AFP
  • Un détenu brestois fiché S pour radicalisation islamiste a été condamné jeudi à deux ans de prison ferme pour son évasion en mai 2018.
  • Il avait été interpellé deux semaines plus tard au Pays basque espagnol.
  • L'affaire, survenue quatre jours après une attaque djihadiste au couteau à Paris, avait défrayé la chronique.

Son évasion et sa cavale rocambolesques avaient fait la Une des médias à l’époque. Jugé jeudi par le tribunal correctionnel de Brest, Anthony P. a été reconnu coupable d’« évasion par violence en récidive » et condamné à deux ans de prison ferme avec maintien en détention. Son complice a quant à lui écopé d’un an et demi de prison tandis que sa compagne - accusée de lui avoir préparé un sac de vêtements pour sa fuite - a été relaxée.

Âgé de 21 ans au moment des faits, le jeune homme originaire de Landerneau (Finistère) faisait l’objet d’une fiche S en raison d’une « tendance à la radicalisation » depuis sa conversion à l’islam en prison. Bien connu de la justice avec 23 mentions à son casier judiciaire, il n’avait cependant jamais été condamné pour des faits de terrorisme ou apologie.

Une attaque au couteau quelques jours avant

Écroué à la maison d’arrêt de Brest pour une affaire de vol, le Finistérien avait profité d’une extraction médicale, le 16 mai 2018, pour se faire la malle à son arrivée à l’hôpital, rejoignant deux complices qui l’attendaient dans une voiture. L’un d’entre eux s’était rapidement rendu à la police tandis que le second, ami d’enfance d’Anthony P., l’avait accompagné dans sa cavale. Celle-ci avait pris fin dans la nuit du 28 au 29 mai lorsque les deux fugitifs avaient été interpellés à Saint-Sébastien, au Pays basque espagnol, avant d’être extradés vers la France.

L’évasion était intervenue quelques jours après une attaque djihadiste au couteau à Paris, qui avait fait un mort et cinq blessés. Un « contexte sécuritaire » qui n’a pas dû jouer en faveur d’Anthony P., selon son avocat. Interrogé par 20 Minutes, Maître Sami Khankan pointe « la médiatisation de ce dossier, pour une évasion pourtant assez ordinaire et sans violences particulières. Elle aurait pu être jugée en comparution immédiate mais les moyens déployés étaient tellement énormes, avec un mandat d’arrêt européen », ajoute-t-il, laissant sa phrase en suspens.

Le parquet avait requis quatre ans et fait appel

L’avocat se félicite néanmoins que les réquisitions du parquet, qui avait demandé quatre ans de prison ferme, n’aient pas été suivies : « Le tribunal a su garder la tête froide. On n’est pas encore à la juste mesure mais on s’en approche. »

Selon lui, le parquet avait affirmé faire abstraction du contexte et du fichage S mais « a tout de même requis en fonction de ça, sans le dire. Quatre ans, c'était disproportionné », estime-t-il, faisant référence à d'autres cas d'évasion jugés moins sévèrement.

L'affaire n'est pourtant pas encore close. Le parquet a ainsi fait appel de la décision ce vendredi, a appris 20 Minutes, et ce, pour les trois personnes jugées.