Bourgoin: Prison ferme pour le gendarme responsable d'un accident mortel, les enfants des victimes déplorent une «justice expédiée»

FAITS DIVERS L'homme de 35 ans, qui n'était pas en service, a causé la mort d'un couple de septuagénaires à Bourgoin-Jallieu mardi soir

Elisa Frisullo

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Illustration de la balance de Thémis, symbole de la Justice. (Illustration)
Illustration de la balance de Thémis, symbole de la Justice. (Illustration) — SUPERSTOCK/SUPERSTOCK/SIPA
  • Le gendarme qui a causé la mort de deux personnes mardi soir à Bourgoin-Jallieu, a été condamné jeudi à trois ans de prison dont 18 mois ferme.
  • L’homme de 35 ans, ivre lors des faits, a été jugé jeudi en comparution immédiate, soit moins de 48 heures après les faits.
  • Les enfants du couple de septuagénaires tués se sont dits « choqués » ce vendredi matin et ont regretté une « justice expédiée ».

Le soir des faits, il roulait avec un taux de 2,54 g par litre de sang après avoir bu six pintes de bières. Jeudi, le gendarme de 35 ans à l’origine d’un accident mortel qui a coûté la vie à un couple de septuagénaires mardi soir à Bourgoin-Jallieu (Isère) a été condamné à trois ans de prison, dont dix-huit mois ferme.

L’homme, reconnu coupable par le tribunal correctionnel de « défaut de maîtrise, blessures involontaires et homicides involontaires aggravés » a été placé en détention à l’issue de son procès en comparution immédiate.

« C’est une catastrophe »

Mardi soir, peu après 19 heures, le militaire avait percuté de plein fouet des voitures prises dans un embouteillage sur une départementale entre Bourgoin et l’Isle d’Abeau. Six véhicules avaient été impliqués dans le carambolage. Les deux victimes, âgées de 70 et 72 ans, n’avaient pas pu être réanimées par les services de secours.

Sept autres personnes avaient été prises en charge par les pompiers et le SAMU, dont une femme de 27 ans, grièvement blessée. A la barre, le militaire, en poste dans une brigade locale, a présenté ses excuses aux familles des victimes, rapporte Le Progrès. « C’est une catastrophe », a exprimé le gendarme, en expliquant ne pas avoir les mots pour s’exprimer.

Jugé au surlendemain du drame

Au lendemain du procès, qui s’est tenu moins de 48 heures après l’accident, les enfants des victimes ont exprimé leur « choc » et la rapidité de la procédure judiciaire. « Nous avons été au procès sans même avoir vu les corps de nos parents, sans même avoir commencé notre processus de deuil. Sans avoir dormi et mangé quasiment depuis l’annonce. C’était une mort violente et ce choix procédural l’est tout autant et a ajouté à notre douleur première plutôt que de l’apaiser », ont-il réagi dans un message adressé ce vendredi matin à 20 Minutes.

Les enfants endeuillés, qui expliquent avoir dû parcourir en urgence des centaines de kilomètres pour pouvoir assister au procès en comparution immédiate, déplorent cette « justice expédiée ». « Notre absence à l’audience était-elle souhaitée pour cette affaire gênante pour les autorités impliquant un gendarme très alcoolisé (…) accompagné d’un élève gendarme et roulant bien trop vite vu les images du carnage ? » s’interrogent-ils.