Enfants retenus au Kurdistan syrien: Trois avocats attaquent l'État français à l'ONU pour «inaction»

PLAINTE La plainte a été déposée au nom de plusieurs dizaines de grands-parents, d’oncles ou de tantes de ces enfants français, retenus dans des camps au Kurdistan syrien 

Manon Aublanc

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Illustration d'un homme et des enfants dans un camp de réfugiés de Lattaquié, à Syrie, le 23 octobre 2015.
Illustration d'un homme et des enfants dans un camp de réfugiés de Lattaquié, à Syrie, le 23 octobre 2015. — Vladimir Isachenkov/AP/SIPA

Accusant l’Etat français d'« inaction » envers les enfants français qui se trouvent toujours au Kurdistan syrien, trois avocats parisiens ont déposé une plainte internationale, ce mercredi, devant le Comité des droits de l’enfant de l’ONU, révèle France Inter, ce jeudi.

La plainte, émise par les avocats français, Marie Dosé, Martin Pradel et William Bourdon, a été déposée au nom de plusieurs dizaines de grands-parents, d’oncles ou de tantes de ces enfants français, retenus depuis plusieurs mois dans des camps au Kurdistan syrien.

« Pas un seul mot pour évoquer le sort de ces enfants »

Poussière, froid, famine, maladies… Les conditions de vie de ces enfants, qui se trouvent pour certains dans un état physique critique, sont intolérables, estiment les avocats et les familles. « Les enfants sont en train de mourir, de soif, de faim, ils sont malades », a expliqué Marie Dosé, à nos confrères, ajoutant que ces enfants, qui se trouvent en zone de guerre, « n’ont pas demandé à partir là-bas ».

« L’État français est signataire d’une convention internationale des droits de l’enfant qui s’appelle la Convention de New York. L’État français doit respecter ses engagements », a ajouté l’avocate qui s’insurge contre l’annonce d’Emmanuel Macron sur les treize djihadistes français qui vont être jugés en Irak : « Pas un seul mot pour évoquer le sort de ces enfants ».

Pour les avocats, ces enfants « sont les premières victimes de la guerre »

Selon l’avocat, qui défend plusieurs familles au sein du Collectif Familles Unies, la plainte a également été déposée car la France ne possède pas d’ambassade en Syrie - elle a été fermée en 2012 - apte à prendre en charge ces enfants. Les trois avocats parisiens réclament notamment le rapatriement, en urgence, de ces enfants français. « Ces gosses sont innocents, ils sont les premières victimes de la guerre », a rappelé Marie Dosé au micro de la radio.

« L’État français doit prendre ses responsabilités et protéger ces enfants d’un risque de famine et de mort imminente auxquels ils sont exposés », ont écrit les trois avocats en conclusion de leur plainte internationale envoyée à l’ONU. Selon l’ONG Save the Children, plus de 2.500 enfants, de 30 nationalités, auraient été capturés lors des combats contre l'organisation Etat islamique et placés dans trois camps du nord-est de la Syrie.