Qui sont les militants kurdes jugés pour des dégradations à Strasbourg?

JUSTICE Le procès des militants kurdes poursuivis pour des violences et des dégradations au Conseil de l’Europe lundi sera examiné sur le fond le jeudi 4 avril

Alexia Ighirri

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Strasbourg: Des militants kurdes seront jugés le 4 avril pour des dégradations au Conseil de l'Europe (Illustration)
Strasbourg: Des militants kurdes seront jugés le 4 avril pour des dégradations au Conseil de l'Europe (Illustration) — G. VARELA / 20 MINUTES
  • Mercredi, 17 militants kurdes comparaissaient devant le tribunal correctionnel de Strasbourg, interpellés lors d’un rassemblement émaillé de violences et dégradations à l’agora du Conseil de l’Europe, réclamant la libération de leur chef historique Abdullah Ocalan.
  • Les prévenus, jugés en comparution immédiate, ont vu le tribunal renvoyer leur procès au 4 avril pour un examen sur le fond.
  • En attendant le procès, sept hommes ont été placés en détention provisoire, en raison de l’infraction de violence et du risque de réitération. Les autres ont été placés sous contrôle judiciaire, avec interdiction de se présenter dans le quartier Orangerie-Institutions européennes.

Rendez-vous le jeudi 4 avril, même heure même endroit. Interpellés parmi 42 personnes lors d’un rassemblement émaillé de violences et dégradations lundi à l'agora du Conseil de l'Europe, réclamant la libération de leur chef historique Abdullah Ocalan, 17 militants kurdes comparaissaient devant le tribunal de Strasbourg mercredi après-midi. Les prévenus, jugés en comparution immédiate, ont vu le tribunal renvoyer leur procès au 4 avril pour un examen sur le fond. Les autres personnes interpellées lundi ont été remises en liberté, faisant l’objet d’un rappel à la loi.

Sept prévenus en détention provisoire

Les premiers sont donc jugés pour participation à un groupement en vue de commettre des violences et dégradations avec, selon les cas, une infraction de rébellion ou violence à personne dépositaire de l’autorité publique.

En attendant le procès, sept hommes (sur les 17 prévenus) ont été placés en détention provisoire, en raison de l’infraction de violence et du risque de réitération. Les autres ont été placés sous contrôle judiciaire, avec interdiction de se présenter dans le quartier Orangerie-Institutions européennes de Strasbourg.

Qui sont ces militants kurdes ?

Sur le banc des prévenus, deux femmes et 15 hommes, tous ont entre 19 et 32 ans. Sauf deux résidants suisses et un Français vivant à Strasbourg, il s’agit de résidants allemands (nationalités allemande, turque ou kurde). Parmi eux, un homme en couple, les autres sont célibataires. Ils vivent souvent avec un membre de leur famille ou, pour quelques-uns, dans des foyers de demandeurs d’asile. L’un d’entre eux est séparé de sa femme, qui a la garde de leurs deux enfants âgés de 1 et 2 ans. Certains ont obtenu le statut de réfugié politique, d’autres sont engagés dans cette procédure et attendent une réponse.

Ouvrier, cuisinier, graphiste, commercial ou encore électricien… La plupart ont suivi ou suivent une formation. L’une des deux jeunes femmes est ainsi étudiante en sciences politiques à Francfort. Le casier judiciaire des militants jugés est vierge : à l’exception d’un résidant allemand de 23 ans déjà condamné en Allemagne. Et d’un Turc de 22 ans vivant en Suisse qui, interpellé à Strasbourg en novembre 2018 lors d’un même rassemblement et jugé pour rébellion, avait été relaxé. Ce dernier est l’un des sept hommes ayant fait l’objet d’un mandat de dépôt mercredi en fin d’après-midi.