Tariq Ramadan dépose plainte pour «dénonciation calomnieuse» contre ses trois accusatrices

CONTRE-ATTAQUE Mis en examen pour « viols », l’islamologue suisse assure, depuis quelques mois, que les relations sexuelles avec ses accusatrices étaient violentes mais consenties

Vincent Vantighem

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Tariq Ramadan, le 7 février 2016, à Lille.
Tariq Ramadan, le 7 février 2016, à Lille. — Michel Spingler/AP/SIPA
  • Tariq Ramadan est mis en examen pour « viols » sur deux femmes.
  • Il a été libéré de prison et placé sous contrôle judiciaire en octobre 2018.
  • Vendredi, il a déposé plainte pour « dénonciation calomnieuse ».

Cela faisait des mois qu’il le promettait. Tariq Ramadan a déposé plainte, vendredi 22 février, pour « dénonciation calomnieuse » contre les trois femmes qui l’accusent de viols, a appris 20 Minutes ce mercredi auprès de son avocat, Emmanuel Marsigny, confirmant une information de RTL.

Mis en examen pour des viols sur deux femmes, l’islamologue controversé avait été libéré de prison en octobre et placé sous contrôle judiciaire, après avoir passé dix mois derrière les barreaux.

De « fausses accusations de viols »

Les plaintes ont été déposées à Montpellier, Rouen et Lille, les villes où résident les trois accusatrices du prédicateur. En s’appuyant sur les résultats provisoires de l’enquête menée par la brigade criminelle de la police judiciaire parisienne, Emmanuel Marsigny tente de démontrer point par point que son client a été victime de « fausses accusations de viols ».

Après des mois de dénégations devant les juges, il avait fini par reconnaître avoir eu des relations sexuelles consenties avec deux de ses accusatrices.

Aucun impact sur la procédure actuelle

Il s’agit toutefois d’une contre-attaque purement symbolique. La procédure prévoit que les plaintes pour « dénonciation calomnieuse » ne peuvent pas être instruites tant que les accusations initiales ne font pas l’objet d’un non-lieu ou d’un classement sans suite.

Mais c’est bien ce que vise l’ancien prédicateur aujourd’hui affaibli par une sclérose en plaques. En parallèle de ces plaintes, il a déposé deux demandes de « démise en examen » afin d’être blanchi des accusations qui pèsent sur lui. La justice doit se prononcer sur ce point le 14 mars.