Procès Nemmouche: L'avocat général blâme le silence «indécent» de l'accusé

ACCUSATION Le 24 mai 2014, quatre personnes ont été assassinées dans le Musée juif de Bruxelles

20 Minutes avec AFP

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Des pièces à conviction lors du procès de Mehdi Nemmouche, le 7 février 2019.
Des pièces à conviction lors du procès de Mehdi Nemmouche, le 7 février 2019. — ISOPIX/SIPA

Mutisme « indécent », défense « stupide »… L’accusation a fustigé ce lundi l’attitude pendant son procès de Mehdi Nemmouche et de ses avocats, affirmant dans son réquisitoire que le djihadiste français était bien « l’auteur de la tuerie du Musée juif » de Bruxelles en 2014.

« Lui qui nous annonçait un grand déballage sera resté dans un silence aussi indécent que provocateur », a souligné l’un des deux avocats généraux, Bernard Michel. Un silence qui « fait écho » au « silence lourd, interrogateur, d’effroi, d’incompréhension » le jour des faits, le 24 mai 2014, où quatre personnes ont été assassinées, a ajouté celui qui s’est rendu sur les lieux le jour de la tuerie.

Une stratégie « complotiste »

Avec son collègue Yves Moreau, les deux magistrats doivent disséquer jusqu’à ce mardi soir les preuves recueillies contre Mehdi Nemmouche pour le faire condamner. Aux yeux du parquet fédéral belge, cette attaque fut la première commise en Europe par un combattant djihadiste de retour de Syrie, un an et demi avant les sanglants attentats du 13 novembre 2015 à Paris (130 morts, des centaines de blessés). Mehdi Nemmouche, 33 ans, jugé aux assises pour « assassinats terroristes », encourt la réclusion à perpétuité. Le verdict, qui sera rendu par trois magistrats et douze jurés après les plaidoiries suivant le réquisitoire, est attendu début mars. Il ne sera pas susceptible d’appel.

Empreintes sur les armes du crime, vêtements et accessoires saisis sur lui, attitude en garde à vue, etc : les avocats généraux ont commencé ce lundi à exposer les éléments accréditant la culpabilité de l’accusé. Des preuves « accablantes » laissant « peu de place au doute », ont martelé pendant une semaine les avocats des parties civiles. Ils ont éreinté au passage la stratégie « complotiste » de la défense de Mehdi Nemmouche, qui assure, entre autres, que les images de vidéosurveillance ont été truquées par les enquêteurs pour le confondre.

Arrêté à Marseille, six jours après l’attaque

« C’est profondément stupide », a répondu ce lundi Yves Moreau, l’un des procureurs, qualifiant la thèse de la défense d'« incroyable cinéma qui dure depuis un mois et demi ». « Personne n’a trafiqué quoi que ce soit », a-t-il insisté. « Pour essayer de faire croire que cet homme est innocent, la défense n’hésite pas à salir et à piétiner la réputation et l’honneur des gens. »

« C’est profondément choquant et scandaleux », a-t-il ajouté. Mais « à chacun ses méthodes et sa déontologie personnelle ». Mehdi Nemmouche avait été arrêté à Marseille six jours après la tuerie en possession des armes utilisées – un revolver et un fusil d’assaut de type Kalachnikov. Mais ce délinquant multirécidiviste radicalisé en prison nie être le tueur et refuse de s’expliquer depuis cinq ans.