Affaire Benalla: Ce que contient la lettre de la commission d'enquête envoyée au président du Sénat

ENQUETE Selon les corapporteurs, le port d'armes, les passeports, la proximité avec Emmanuel Macron sont autant d'élements qui prouvent qu'Alexandre Benalla n'a pas dit toute la vérité lors de ses auditions

M.A. avec AFP

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Alexandre Benalla était devant les sénateurs mercredi matin.
Alexandre Benalla était devant les sénateurs mercredi matin. — BERTRAND GUAY / AFP

Dans une lettre envoyée à Gérard Larcher, le président du Sénat, la commission d’enquête, qui rend son rapport ce mercredi, a demandé au Bureau du Sénat de saisir la justice contre Alexandre Benalla et Vincent Crase, tous deux placés en détention provisoire mardi, pour « faux témoignage ».

Ils appuient leur démonstration sur trois aspects abordés pendant leur enquête : « le périmètre des fonctions confiées à M. Alexandre Benalla et son rôle dans le dispositif de sécurité du chef de l’Etat », ses passeports diplomatiques, et « le contrat de sécurité privée conclu par la société Mars pour le compte de M. Iskander Makhmudov ».

Port d’arme, passeports et contrat avec un oligarque russe

Les corapporteurs estiment que l’ancien chargé de l’Elysée « assurait bien, dans les faits, une fonction de protection rapprochée du chef de l’Etat », évoquant notamment son obtention de port d’arme et sa proximité étroite avec Emmanuel Macron. Concernant les passeports diplomatiques d'Alexandre Benalla, la commission d’enquête estime qu'ils lui ont été attribués dans des conditions anormales. Selon les corapporteurs, le principal intéressé a, par ailleurs, changé plusieurs fois de version sur ces documents. 

Ils avancent également que les enregistrements publiés par Mediapart montrent clairement que l’ancien collaborateur d’Emmanuel Macron était impliqué dans la négociation du contrat conclu par la société Mars pour le compte de Iskander Makhmudov. Des enregistrements qui prouvent aussi l’implication de Vincent Crase dans le montage financier de ce contrat.

« Omissions, incohérences et contradictions » de la part de trois hauts responsables de l’Elysée

La commission d’enquête sénatoriale a également évoqué « un certain nombre d’omissions, d’incohérences et de contradictions » de la part de trois hauts responsables de l’Elysée, Patrick Strzoda, le directeur de cabinet du président Macron, Alexis Kohler, le secrétaire général de la présidence de la République et le général Lionel Lavergne, le chef du groupe de sécurité de la présidence de la République, « notamment sur le périmètre de la mission de sécurité exercée par M. Alexandre Benalla ».

Les corapporteurs ont rappelé que « tout témoignage mensonger devant une commission d’enquête parlementaire est puni de cinq ans d’emprisonnement et de 75.000 euros d’amende », peines pouvant être portées à sept ans d’emprisonnement et 100.000 euros d’amende « en cas de circonstances aggravantes ».