Nice: Quatre organisations s’opposent à l’expérimentation de la reconnaissance faciale dans les lycées

SECURITE La Quadrature du Net, la Ligue des droits de l’Homme, CGT Educ’Action des Alpes-Maritimes et la Fédération des conseils de parents d’élèves saisissent le tribunal administratif

Mathilde Frénois

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Le lycée des Eucalyptus mènera une expérimentation pour tester la reconnaissance faciale.
Le lycée des Eucalyptus mènera une expérimentation pour tester la reconnaissance faciale. — M. Frénois / ANP / 20 Minutes

Lundi après-midi, Christian Estrosi annonçait  l'expérimentation de la reconnaissance faciale au Carnaval de Nice. Moins de 24 heures plus tard, quatre organisations demandent son annulation dans les lycées de la région Sud.

La Quadrature du Net, la Ligue des droits de l’Homme, CGT Educ’Action des Alpes-Maritimes et la Fédération des conseils de parents d’élèves viennent de déposer un recours devant le tribunal administratif de Marseille. Elles souhaitent « l’annulation de la délibération du conseil régional autorisant la mise en œuvre d’une expérimentation de reconnaissance faciale dans deux lycées de la région ».

« Les caméras sont légion et ça n’empêche rien »

Le lycée des Eucalyptus à Nice et le lycée Ampère à Marseille vont tester cette nouvelle technologie. Des caméras seront installées à l’entrée. Toute personne consentante et souhaitant pénétrer dans l’établissement présentera un badge. Une comparaison sera réalisée entre le badge et son visage grâce à un système de reconnaissance faciale. Si cette authentification n’est pas validée, un surveillant interviendra.

« Ça ne sert strictement à rien. C’est de l’argent foutu en l’air. A Nice, les caméras sont légion et ça n’empêche rien, peste Laure Guerrard-Boushor, co-secrétaire départementale de la CGT dans les Alpes-Maritimes. Dans l’Education nationale, un lycée doit être ouvert. On est là pour promouvoir le bien-vivre-ensemble. Ce n’est pas avec les caméras qu’on y parviendra. »

« La délibération autorisant cette expérimentation est illégale et doit être annulée, pointe le collectif d’organisation dans un communiqué. La délibération, votée alors qu’aucune analyse d’impact n’avait été réalisée, permet en effet la mise en œuvre d’un traitement de données biométriques, qui est notamment manifestement disproportionné par rapport à l’objectif poursuivi (apporter « une assistance aux agents en charge du contrôle d’accès au lycée et de l’accueil ») et qui n’est fondée sur aucune règle juridique adaptée, claire et intelligible, contrairement à ce qu’impose la Convention européenne des droits de l’Homme en matière de droit à la vie privée. » L’expérimentation est programmée avant les vacances de Pâques.