Tirs de carabine à Sarcelles: Les deux adolescents mis en examen

JUSTICE Interpellés samedi après des tirs avec une carabine à plomb devant une synagogue, ils ont été mis en examen ce mardi

C-E.AK avec AFP

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Une voiture de police (illustration)
Une voiture de police (illustration) — Gérard Julien/AFP

Dans un contexte d’augmentation des actes antisémites, la juge pour enfants n’a pas retenu cette circonstance aggravante. Agés de 15 et 16 ans, les deux adolescents auteurs des tirs visant une synagogue avec une carabine à plomb vendredi à Sarcelles ont été mis en examen pour « violences avec arme et en réunion ». Ils avaient légèrement blessé au mollet un homme qui sortait du lieu de culte.

« Deux écervelés sans aucune notion d’antisémitisme »

Ils ont été présentés lundi à un juge des enfants, qui n’a pas retenu « la circonstance aggravante d’appartenance à la religion, que le parquet avait relevée », a précisé le parquet. Les deux mineurs ont été laissés libres, « avec une mesure de réparation pénale dans l’attente du jugement pour l’un des deux », a ajouté le parquet. Selon la source proche de l’enquête, leur profil était plutôt celui de deux « écervelés sans aucune notion d’antisémitisme, qui tiraient un peu au hasard ». Moïse Kahloun, le président de la communauté juive de Sarcelles, avait lui aussi dénoncé dans Le Parisien une agression d’abord motivée par la bêtise. « Ce n’est pas une agression antisémite. Ce sont des enfants qui auraient tiré sur n’importe qui ».

Cette affaire intervient dans un contexte de hausse des actes antijuifs qui ont bondi de 74 % en 2018, selon les chiffres du gouvernement. Mardi soir, plusieurs rassemblements sont prévus en France contre l’antisémitisme, dont un grand à Paris où se rendront Edouard Philippe et une grande partie du gouvernement ainsi que les représentants d’une vingtaine de partis. Le président de la République, Emmanuel Macron, a annoncé qu’il se rendrait dans l’après-midi en Alsace où 80 sépultures d’un cimetière juif ont été profanées.