Crimes contre l'humanité: Le Syrien arrêté en France a été mis en examen et écroué

CONFLIT Abdulhamid A. avait été signalé en janvier 2018 par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra)

VRB avec AFP

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Une balance de la justice (image d'illustration).
Une balance de la justice (image d'illustration). — Philippe HUGUEN / AFP

Une première. Un Syrien arrêté en région parisienne a été mis en examen ce vendredi et écroué pour « complicité de crimes contre l’humanité », une première en France dans la traque des responsables d’exactions attribuées au régime de Bachar al-Assad, a appris l’AFP de source judiciaire.

Interpellé mardi, Abdulhamid A., né en 1988, est soupçonné d’avoir participé aux exactions commises contre les populations civiles par le régime syrien entre 2011 et 2013, alors qu’il était membre des services de renseignement, selon une source proche du dossier.

Après quatre jours de garde à vue, il avait été déféré ce vendredi au parquet de Paris, qui a ouvert une information judiciaire pour « actes de torture », « crimes contre l’humanité » et « complicité de ces crimes », a annoncé le ministère public.

D’autres suspects arrêtés

Depuis janvier 2018, les investigations ayant conduit à ce suspect étaient menées par le pôle « crimes contre l’humanité, crimes et délits de guerre » du parquet de Paris, dans le cadre d’une équipe d’enquête commune avec l’Allemagne. Deux autres Syriens ont d’ailleurs été arrêtés mardi outre-Rhin, à Berlin et Zweibrücken, de « manière coordonnée », selon le parquet.

Ces investigations sont directement liées à l’enquête dite « César », ouverte côté français en septembre 2015, plusieurs mois après qu’un ancien photographe de la police militaire syrienne, exfiltré sous ce pseudonyme, avait révélé en 2014 des photographies de corps torturés et suppliciés dans les prisons du régime entre 2011 et 2013. Cet homme s’était enfui de Syrie en 2013, en emportant avec lui 55.000 photographies effroyables.