Grenade GLI-F4: L’étudiant qui a eu la main arrachée sur la ZAD se constitue partie civile

N-D-DES-LANDES L'avocat de Maxime Peugeot, blessé en mai à Notre-Dame-des-Landes, a annoncé que l'étudiant et ses parents avaient porté plainte pour blessures involontaires, ce vendredi

Julie Urbach

— 

Affrontement sur la ZAD le 15 avril 2018.
Affrontement sur la ZAD le 15 avril 2018. — C.Triballeau/AFP
  • Maxime Peugeot, 21 ans, a été mutilé en mai dernier après avoir ramassé une grenade, lors de l'évacuation de la ZAD.
  • Sa première plainte a été classée sans suite mais son avocat estime qu'une «multitude des fautes pénales sont susceptibles d’être relevées ».

Alors que plusieurs manifestants ont été blessés par des grenades GLI-F4 depuis le début du mouvement des « gilets jaunes », son histoire à lui remonte au printemps. Maxime Peugeot, un étudiant de 21 ans qui a eu la main arrachée sur la ZAD de Notre-Dame-des-Landes, a annoncé ce vendredi par la voix de son avocat qu’il se constituait partie civile, afin que de nouvelles investigations soient menées. Une démarche après que sa première plainte, déposée quelques jours après l’accident, a été classée sans suite au mois d’août, au motif de la légitime défense, indique à 20 Minutes son avocat, Me Hervé Gerbi.

« L’enquête préliminaire a été très complète, avec beaucoup d’éléments et d’auditions. Mais l’analyse que nous en faisons est radicalement différente, avec une multitude des fautes pénales susceptibles d’être relevées », indique Me Hervé Gerbi « C’est la raison pour laquelle Maxime Peugeot et ses parents annoncent ce jour déposer plainte avec constitution de partie civile devant le doyen des juges d’instruction de Rennes, compétent en matière militaire », écrit-il dans un communiqué.

Le gendarme « a manqué au respect de ses obligations »

Le jeune homme avait été mutilé le 22 mai dernier après avoir ramassé une grenade GLI-F4 lancée par les forces de l’ordre lors de l’évacuation de la ZAD. La plainte a été déposée contre X, pour blessures involontaires. Mais elle vise cependant le gendarme tireur, « qui a manqué au respect de ses obligations en agissant seul et d’initiative » mais aussi le commandement des forces mobiles sur la ZAD, car « le gendarme a reçu une habilitation sans avoir eu la moindre formation », avance l’avocat.

Cette nouvelle action judiciaire veut aussi s’attaquer « à la dangerosité » de la grenade GLI-F4, dont l’utilisation est de plus en plus décriée. L’avocat demande ainsi au juge d’instruction de s’intéresser à la responsabilité du fabricant, mais aussi à celle des autorités administratives. «  Les grenades GLI-F4 sont un véritable scandale économique : on voudrait comprendre pourquoi les autorités continuent de commander autant de stocks d’armes dont la dangerosité a été sous-estimée », interroge l’avocat, qui plaide pour son interdiction.

Depuis les faits, Maxime a été équipé d’une prothèse dernière génération, « et passe beaucoup de temps pour sa rééducation », indique son conseil. Le jeune homme, étudiant en science politique, a pu reprendre ses études.