«Gilets jaunes»: Eric Drouet devant le tribunal pour «organisation de manifestations non autorisées»

PROCES La justice doit déterminer s'il a bien organisé deux manifestations non autorisées les 22 décembre et 6 janvier

20 Minutes avec AFP
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Eric Drouet, lors du douzième samedi de mobilisation des "gilets jaunes" à Paris, le 2 février 2019.
Eric Drouet, lors du douzième samedi de mobilisation des "gilets jaunes" à Paris, le 2 février 2019. — ISA HARSIN/SIPA

Il est devenu l’un des leaders du mouvement des « gilets jaunes ». Ce vendredi, Eric Drouet, dont l’interpellation le 2 janvier avait indigné à gauche comme à droite, a rendez-vous avec la justice. Il est accusé d'« organisation de manifestations sans déclaration préalable ».

Il encourt six mois d’emprisonnement et 7.500 euros d’amende. Le chauffeur routier de Seine-et-Marne est jugé pour avoir organisé deux manifestations non-autorisées. Elles se sont déroulées le 22 décembre - l’acte 6 des « gilets jaunes » lors duquel il avait déjà été interpellé - et le 2 janvier.

Un rendez-vous au restaurant

Le 2 janvier, Eric Drouet a été arrêté près des Champs-Elysées, encadré par des policiers hués par des « gilets jaunes ». Le lendemain, à sa sortie de garde à vue, Eric Drouet dénonçait une interpellation « politique », affirmant qu’il devait juste rencontrer d’autres « gilets jaunes » pour un « rendez-vous au restaurant ». Son arrestation montrait, selon lui, une volonté de « bâillonner » la contestation.

Il s’est défendu d’avoir lancé un appel à manifester. Quelques heures avant d’être interpellé, Éric Drouet déclarait toutefois dans une vidéo diffusée sur Facebook : « Ce soir, on va pas faire une grosse action, mais on veut choquer l’opinion publique. Je sais pas s’il y en aura qui seront avec nous sur les "Champs" (…) On va tous y aller sans gilet ».

Une interpellation critiquée

Le médiatique Eric Drouet est un des initiateurs de la première mobilisation nationale des « gilets jaunes » le 17 novembre. C’est lui qui avait créé l’événement Facebook « Blocage national contre la hausse des carburants ». Il est devenu l’un des visages les plus connus de ce mouvement de contestation.

Son interpellation le 2 janvier a provoqué l’indignation de responsables politiques, de l’extrême droite à l’extrême gauche en passant par le centre. Le gouvernement, qui veut faire voter une loi « anticasseur » prévoyant notamment des interdictions administratives de manifester, a défendu l’interpellation du routier au nom de l’État de droit. « Quand quelqu’un organise une manifestation alors qu’elle n’est pas déclarée, c’est qu’il ne respecte pas l’État de droit », a estimé le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire.

Eric Drouet sera par ailleurs jugé le 5 juin pour port d’arme prohibé, en l’espèce un bâton, lors de la manifestation du 22 décembre.