Alès: «On ne fait pas n'importe quoi», assure le directeur de l'abattoir jugé ce lundi

JUSTICE Trois amendes de 750 euros ont été requises à son encontre ce lundi devant le tribunal ce lundi

N.B. avec AFP

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Un journaliste à l'entrée de l'abattoir d'Alès fermé par mesure de précaution après une plainte de l'association L214,  le 15 octobre 2015 en France.
Un journaliste à l'entrée de l'abattoir d'Alès fermé par mesure de précaution après une plainte de l'association L214, le 15 octobre 2015 en France. — PASCAL GUYOT AFP

Trois amendes de 750 euros ont été requises ce lundi devant le tribunal d'Alès(Gard)​  à l'encontre du directeur de l'abattoir de la commune. Trois ans et demi après la diffusion d’une vidéo de L214, présentant des maltraitances et des actes de cruauté présumés sur des animaux, l’homme était poursuivi pour trois infractions.

Le procureur a assuré que seulement 3 infractions sur les 175 relevées au cours de l’enquête avaient pu être poursuivies en raison notamment du fait que les vidéos n’avaient pu être datées et que la prescription s’appliquait alors à la plupart des infractions, notamment pour les maltraitances et actes de cruauté.

« Des souffrances inutiles »

L’homme est poursuivi pour des pièges équin et bovin inadaptés et une absence de protection visuelle pour les ovins en attente d’abattage. « Aujourd’hui, cela tient carrément du miracle qu’une audience se tienne avec ces trois contraventions de quatrième classe », pour « des infractions qui ont perduré jusqu’au dépôt de plainte », a indiqué le procureur de la République. Devant le tribunal, le prévenu, ancien boucher abatteur et directeur de l’abattoir municipal depuis 1997, a nié les trois infractions qui lui sont reprochées, estimant que les installations étaient conformes.

Caroline Lanty, l’avocate de l’association L214, a pour sa part insisté sur le fait que la non-conformité des installations avait provoqué « des souffrances inutiles » aux animaux abattus de cette manière. Lionel Marzials, qui défendait l’Alliance anticorrida, a de son côté évoqué des « images d’une violence absolue » avec « des animaux découpés vivants » dans « des états de souffrance extrêmement conséquents ».

« On ne fait pas n’importe quoi »

Isabelle Mimran, l’avocate du directeur de l’abattoir, a demandé la relaxe sur les trois infractions, estimant notamment que les vidéos n’avaient « jamais pu être datées » et n’avaient jamais « fait l’objet d’expertise ». « On n’a pas de garantie de la sincérité des images qui sont présentées, a-t-elle estimé. Quand ces vidéos ont été diffusées ça a été un choc national… Il y a des séquelles économiques très importantes », a-t-elle souligné. Mais il n’existe, a poursuivi l’avocate, de « preuves matérielles » des infractions.

« On est en permanence sous contrôle des services de l’Etat, on ne fait pas n’importe quoi », indiqué le directeur de l’abattoir. La décision a été mise en délibéré au 8 avril.

L’abattoir d’Alès avait été le premier établissement à subir les foudres de l’association L214, en octobre 2014, avant qu’une série de scandales similaires n’éclate en France.