Montpellier: Un inspecteur des impôts soupçonné de fraude fiscale

JUSTICE L'homme a été mis en examen pour blanchiment, fraude fiscale, contrebande et travail dissimulé

Nicolas Bonzom

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Une déclaration de revenus (illustration).
Une déclaration de revenus (illustration). — A. GELEBART / 20 MINUTES
  • Un homme de 48 ans, qui exerce la profession d’inspecteur des impôts, a été mis en examen pour blanchiment, fraude fiscale, contrebande et travail dissimulé.
  • Son épouse, qui gérait le commerce, a elle aussi été interpellée.
  • Un autre homme, un artisan, présenté comme « une relation du couple », a été arrêté le 6 février. Chez lui, un coffre contenant plus de 171.000 euros en espèces, dont il ne disposait pas de la clé, a été découvert.

Un homme de 48 ans, qui exerce la profession d’inspecteur des impôts, a été mis en examen pour blanchiment, fraude fiscale, contrebande et travail dissimulé.

Le quadragénaire, qui officiait jusqu’à son arrestation le 6 février en tant qu’inspecteur principal à la direction des finances publiques de l’Hérault, est notamment soupçonné d’avoir dissimulé des recettes liées à une épicerie de Figuerolles, à Montpellier.

Un coffre chez une « relation du couple »

Son épouse, qui gérait le commerce, a elle aussi été interpellée. Au domicile du couple, 12.000 euros en espèces, ainsi que 47 cartouches de cigarettes et 918 bouteilles d’alcool ont été retrouvés par les policiers du SRPJ, indique Christophe Barret, le procureur de la République de Montpellier. Un autre homme, un artisan, présenté comme « une relation du couple », a été arrêté le 6 février. Chez lui, un coffre contenant plus de 171.000 euros en espèces, dont il ne disposait pas de la clé, a été découvert.

« Monsieur assure qu’il n’y a pas de blanchiment, note le procureur. Il a indiqué qu’il s’apprêtait à déclarer prochainement les bénéfices de son commerce. » Quant aux accusations de contrebande, l’inspecteur des impôts et son épouse ne contestent pas qu’il s’est vendu du tabac dans ce commerce, mais en petite quantité, confie Christophe Barret. Quant aux bouteilles, le suspect assure qu’il a « les justificatifs d’achat ».

Des soupçons de transfert de fonds vers la Tunisie

Au cours de l’enquête, qui dure depuis 2017, les enquêteurs du SRPJ de Montpellier ont notamment observé des exportations de fonds vers la Tunisie : la suspecte, âgée de 44 ans, aurait passé la frontière avec 9.999 euros. Le seuil obligeant les voyageurs à déclarer leurs fonds s’élevant à 10.000 euros, a rappelé le procureur.

Quant aux soupçons de travail dissimulé, les enquêteurs se penchent sur la situation d’employés, qui n’auraient été déclarés que partiellement. L’inspecteur des impôts a été placé en détention provisoire, tandis que son épouse et l’artisan ont été placés sous contrôle judiciaire. Selon le procureur, aucun des trois n’a d’antécédent judiciaire.