La justice rejette la demande de libération conditionnelle de Jean-Claude Romand

MEURTRES L'homme de 64 ans a tué sa femme, ses enfants et ses parents en 1993, avant d'être condamné à perpétuité

20 Minutes avec AFP

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Jean-Claude Romand lors de sa condamnation en 1996.
Jean-Claude Romand lors de sa condamnation en 1996. — AFP

Le tribunal a suivi l’avis du procureur. La demande de libération conditionnelle de Jean-Claude Romand a été rejetée par le tribunal d’application des peines, a annoncé ce vendredi dans un communiqué le parquet de Châteauroux. Il avait été condamné à perpétuité en 1996 pour le meurtre de sa famille.

Le tribunal « a considéré qu’en dépit de son parcours d’exécution de peine satisfaisant, les éléments du projet présenté et de sa personnalité ne permettent pas, en l’état, d’assurer un juste équilibre entre le respect des intérêts de la société, des droits des victimes et de la réinsertion du condamné et a donc décidé de rejeter la demande de libération conditionnelle déposée par M. Jean-Claude Romand », a indiqué Stéphanie Aouine, procureure de la République de Châteauroux.

Un « faux docteur »

Pendant plus de 15 ans, le faux « docteur Romand », aujourd’hui âgé de 64 ans, a menti à son entourage, se faisant passer pour un médecin travaillant pour l’Organisation mondiale de la Santé (OMS). Au matin du 9 janvier 1993, il a tué avec un rouleau à pâtisserie sa femme qui dormait dans leur maison de Prévessin-Moëns (Ain). Puis, selon son propre récit, il a demandé à sa fille Caroline, sept ans, de s’allonger pour qu’il prenne sa température et lui a tiré dans le dos avec une carabine. Il a ensuite abattu son fils Antoine, cinq ans.

Il s’est ensuite rendu chez ses parents à Clairvaux-les-Lacs (Jura) et les a tués de plusieurs balles dans le dos. Il est reparti pour Paris retrouver son ancienne maîtresse et l’a conduite en forêt de Fontainebleau pour un prétendu dîner avec Bernard Kouchner. Vers 23 heures, il a arrêté la voiture, aspergé la jeune femme avec une bombe lacrymogène, mais renoncé à son projet d’assassinat devant ses hurlements et supplications.

Il est revenu le lendemain à son domicile où gisaient sa femme et ses enfants. Le 11 janvier, il a ingéré des barbituriques et incendié la maison. Quand les pompiers sont arrivés, ils l’ont trouvé inconscient, mais vivant. Condamné à la perpétuité en 1996, il est libérable depuis 2015, après avoir purgé une période de sûreté de 22 ans. Lors de sa demande de libération, présentée le 20 novembre et réexaminée le 31 janvier, le ministère public a demandé le rejet de cette requête.