Djihadisme: Accusé dans un livre d’avoir «laissé faire» à Nice, Christian Estrosi débouté de sa plainte en diffamation

DECISION Le journaliste David Thomson était poursuivi pour «complicité de diffamation envers un dépositaire de l’autorité publique»

F.B. avec AFP

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Le président de la région PACA Christian Estrosi à Nice, le 16 juillet 2016
Le président de la région PACA Christian Estrosi à Nice, le 16 juillet 2016 — Valery HACHE AFP

L’audience avait été pulusieurs fois renvoyée. Jeudi, finalement, le tribunal correctionnel de Nice a débouté Christian Estrosi de sa plainte contre le livre du journaliste David Thomson sur les jeunes Français partis rejoindre des djihadistes en Syrie. Il était poursuivi avec son éditeur Olivier Betourne pour «complicité de diffamation envers un dépositaire de l’autorité publique».

Dans Les Revenants, publié en 2016 et salué par le prix Albert-Londres, le Grand reporter au service Afrique de RFI rappelle que Nice a été un important vivier de jihadistes français. Et il donne la parole à un jeune Niçois rentré de Syrie qui reproche à Christian Estrosi  de n’avoir rien fait pour neutraliser la propagande du recruteur niçois Omar Omsen, de son vrai nom Oumar Diaby.

Une «petite victoire du journalisme contre la post-vérité politique»

«Comme le livre a été primé, le tribunal a préféré privilégier une interprétation large de la liberté d’expression et considéré que l’auteur s’était borné à recueillir un témoignage, que ce n’était pas des propos que lui-même tenait et qu’il n’avait pas failli à sa mission», avance l’avocat du maire (LR) de Nice Me Adrien Verrier.

L’élu se réserve la possibilité de faire appel. «Mais qui dit relaxe, ne veut pas dire vérité, ni que les faits sont exacts. Selon nous, il n’a pas effectué l’enquête pour vérifier que les propos tenus étaient conformes à la vérité», a ajouté l’avocat. Sur Twitter, David Thomson a de son côté salué une «petite victoire du journalisme contre la post-vérité politique».