VIDEO. Affaire Benalla: Le jeune couple molesté le 1er mai a été condamné à 500 euros d'amende

PROCÈS Le couple molesté par Alexandre Benalla lors des manifestations du 1er-Mai était jugé, ce vendredi matin, pour des violences sur des policiers

Vincent Vantighem

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Place de la Contrescarpe, un jeune homme est pris à partie, le 1er-Mai dernier.
Place de la Contrescarpe, un jeune homme est pris à partie, le 1er-Mai dernier. — Naguib-Michel SIDHOM / AFP
  • Chloé. P. et Georgios. D. ont été jugés pour les violences du 1er mai.
  • Ils avaient jeté des projectiles sur les CRS, place de la Contrescarpe.
  • Peu après, Alexandre Benalla les avait vigoureusement molestés.

Le 1er mai 2018, c’était le point de départ de toute l'affaire Benalla. Georgios D. et Chloé P. espèrent désormais que ce vendredi 8 février marquera le point final, en ce qui les concerne. Le tribunal correctionnel de Paris a condamné le jeune couple à 500 euros d'amende pour avoir commis des violences sur des policiers, en marge de la manifestation place de la Contrescarpe. Agés de 29 et 30 ans, les jeunes amoureux avaient été violemment interpellés par Alexandre Benalla, juste après avoir jeté une carafe d’eau et un cendrier en aluminium sur les CRS, sans faire de victimes.

La procureure avait réclamé à leur encontre une peine de deux mois de prison avec sursis. Leur avocat, Sahand Saber avait, de son côté, demandé qu’ils soient dispensés de peine. A l’issue d’une audience d’un peu plus d’une heure, la  juge unique de la 28e chambre du tribunal de Paris a justifié sa décision. « C’est un peu couper la poire en deux. Vous ne rentrez pas dans le cadre d’une dispense de peine car il s'agit de faits de violences contre les forces de l'ordre. Mais on tient compte qu’il y a assez peu de risques que vous recommenciez, a-t-elle indiqué. D’autre part, ce qui a suivi de cet événement vous a permis de vous rendre compte de la gravité des faits. Vous avez déjà été sanctionnés pour cet événement. », conclut la présidente.

« On excuse publiquement »

A la barre, le jeune cuisinier grec de 29 ans et sa compagne, une graphiste de 30 ans, ont reconnu les faits et sont effectivement revenus sur tout ce qui a suivi leur interpellation musclée par Alexandre Benalla, en marge des manifestations du 1er-Mai. « Je voulais dire qu’on regrette parce qu’on n’est pas comme ça. On excuse publiquement, a indiqué Georgios d'une voix claire et dans un français approximatif. Mais ça a fait du mal sur nous, sur notre couple, sur tous les gens qu’on aime. » Leur avocat Sahand Saber a concentré sa courte plaidoirie sur l’impact que toute cette affaire a eu sur la vie de ses clients. « Tous les jours, on leur parle de ça. Tous les jours, ils sont poursuivis par des journalistes. »

Présentés à tort comme des membres des Black Blocs puis des manifestants d’extrême gauche, Georgios. D. et Chloé. P., dont le casier judiciaire était vierge avant cette histoire, ont expliqué qu’ils n’avaient jamais manifesté de leur vie. Ce fameux 1er mai, ils voulaient simplement manger une crêpe, rue Mouffetard, pour fêter leurs six années de vie commune et se sont retrouvés pris au milieu des événements. « Et là, c’est allé très vite. Très très vite. Georgios a pris un coup de matraque. Un autre CRS a balancé un coup de pied dans une bouteille en verre qui était par terre dans notre direction. Et là, on a perdu le contrôle totalement. Georgios a attrapé une carafe. C’était un acte irréfléchi », a expliqué Chloé. P.​

C’est juste après qu'Alexandre Benalla, alors présent en qualité « d’observateur » de la manifestation, avait décidé de les rudoyer, estimant même qu’ils étaient « les plus radicaux » de la place de la Contrescarpe, selon sa déclaration aux enquêteurs. Pour cela, l’ancien chargé de mission d’Emmanuel Macron a été, lui-même, mis en examen pour « violences en réunion » et «  immixtion dans l’exercice d’une fonction publique », déclenchant toute une série de révélations. Pour lui, toute cette affaire est loin d'être terminée.