Nantes: Des peines de prison, jusqu'à deux ans ferme, pour neuf trafiquants de bébés anguilles

BIODIVERSITE Ces neuf hommes, jugés à Nantes, avaient participé à un important trafic de civelles…

J.U. avec AFP

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Des civelles pêchées à Saint-Nazaire (illustration).
Des civelles pêchées à Saint-Nazaire (illustration). — JS Evrard/Sipa
  • Ces jeunes anguilles, en voie de disparition, se vendent très cher sur le marché asiatique.
  • « C’est un message très fort qui est transmis à ces braconniers et trafiquants », s’est réjoui un avocat des parties civiles.

Deux mois après l’audience, le tribunal correctionnel de Nantes a rendu sa décision et a condamné, jeudi, neuf personnes à des peines d’emprisonnement (un an avec sursis jusqu’à deux ans ferme) pour avoir participé à un trafic de civelles. Ces jeunes anguilles, surnommées « or blanc » et dont la pêche est extrêmement réglementée, se vendent très cher sur le marché asiatique. Lors du coup de filet réalisé par les gendarmes de Loire-Atlantique, en 2016, le préjudice avait été estimé à « plusieurs centaines de milliers d’euros ».

Les neuf hommes âgés entre 24 et 67 ans (dont des membres d’une même famille) ont aussi reçu pour certains des amendes de plusieurs dizaines de milliers d’euros. Pour la plupart, ils ont aussi écopé d’une interdiction de pratiquer pendant cinq ans leur activité professionnelle en lien avec la pêche et le commerce de civelles. Ils ont dix jours pour faire appel.

« Un message très fort »

Selon Me Rémi Lavigne, qui défendait l’une des parties civiles, le jugement « montre bien qu’on ne joue pas avec la biodiversité. Quand on se met à trafiquer avec des espèces menacées d’extinction, eh bien, il y a des peines de prison ferme qui arrivent à la clé », a-t-il poursuivi. « Il faut préciser toutefois que les peines de prison ferme inférieures ou égales à deux ans sont aménageables, mais il reste néanmoins que ce sont des peines fermes qui sont prononcées en matière de civelles et donc c’est un message très fort qui est transmis à ces braconniers et trafiquants », s’est félicité Me Rémi Lavigne.

Du côté de la défense, des avocats ont déploré un « procès pour l’exemple » dont le but était de décourager les trafiquants de ce poisson dont la pêche est interdite aux amateurs. Seuls les professionnels peuvent pêcher la civelle, protégée par la Convention sur le commerce international des espèces menacées (CITES), en respectant des quotas. « C’est la prévention qui doit être renforcée, mais pas l’exemplarité des condamnations », a pour sa part souhaité Me Héléna Simon qui défendait le condamné ayant écopé de la peine la plus lourde : deux ans de prison ferme.