Jusqu’à six mois ferme pour d’anciens pompiers, jugés pour un « bizutage » violent avec agression sexuelle

CONDAMNATION Les victimes comme les agresseurs faisaient partie de la prestigieuse équipe de gymnastique de la BSPP, dissoute par la suite

G. N. avec AFP

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Un camion des sapeurs-pompiers équipé d'une grande échelle, le 15 janvier 2019, à Paris (illustration).
Un camion des sapeurs-pompiers équipé d'une grande échelle, le 15 janvier 2019, à Paris (illustration). — Clément Follain

Dix ex-pompiers ont été condamnés mardi à Paris à des peines allant de trois mois de prison avec sursis à six mois ferme pour des agressions sur deux de leurs collègues en 2012 dans le cadre d’un « bizutage ». Les dix pompiers et leurs deux ex-collègues faisaient partie de la prestigieuse équipe de gymnastique de la brigade de sapeurs-pompiers de Paris (BSPP), dissoute quand le scandale a éclaté.

La séance de bizutage a eu lieu le 6 mai 2012 au fond d’un autocar, qui roulait entre Colmar et Paris, après une représentation sportive. Le premier à avoir été agressé lors de cette séance a reçu des fessées, de violentes morsures sur les fesses jusqu’au sang ainsi qu’un coup à la tête.

Le second a lui aussi reçu fessées, pincements et morsures. Du baume du tigre a été appliqué sur ses plaies, jusqu’à l’anus. Plusieurs pompiers sont accusés, entre autres, d’avoir frotté leurs fesses nues sur son visage. Il aurait reçu du parfum sur son sexe décalotté.

Jugés pour « agression sexuelle »

Trois des prévenus ont été jugés pour « agression sexuelle ». Celui qui a été condamné à la peine la plus lourde, dix-huit mois de prison dont douze avec sursis, avait apposé une bouteille de plastique sur l’anus de son collègue. Cet homme, qui avait fait un mois et demi de détention provisoire quand le scandale a éclaté, a été inscrit au Fijais, le fichier judiciaire automatisé des auteurs d’infractions sexuelles. Le parquet avait requis un an de prison ferme et un an avec sursis contre cet ex-pompier, aujourd’hui âgé de 39 ans.

Les pompiers qui étaient poursuivis pour violences ou pour non-empêchement d’un délit ont été condamnés à de la prison avec sursis. Cette peine ne sera pas inscrite à leur casier judiciaire. Au procès, en décembre, des avocats de la défense avaient plaidé la relaxe, estimant que la violence était « consentie ». Des prévenus avaient assuré que le bizutage était dans la tradition de la brigade, évoqué « un rite » de passage.

Les deux pompiers bizutés avaient raconté en détail la séance dans le bus : « Je me suis senti humilié comme jamais », a déclaré l’un d’eux, âgé de 28 ans, qui n’a « plus de boulot » et a « tout perdu ». La plupart ont fait une dépression et peu ont retrouvé une vie professionnelle stable. « Cette affaire a été un cataclysme pour tout le monde », avait résumé l’avocat des victimes, Nicolas Cellupica.

Pompiers de Paris: «On se dit que c'est un bizutage. Mais en fait, non, c'est une agression sexuelle!»