Avalanche d'Entraunes: Vers une nouvelle audition du guide de haute-montagne?

MONTAGNE Quatre personnes avaient trouvé la mort et deux autres ont été blessées en mars 2018…

Mathilde Frénois

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Illustration d'une avalanche.
Illustration d'une avalanche. — Geoffrey Robinson / Rex Features / sipa

« On en est à un stade procédural particulier », a pointé le procureur de la République de Nice Jean-Michel Prêtre, ce lundi lors d’un point presse. Alors que le magistrat avait terminé ses investigations à propos de l’avalanche d’Entraunes, qui avait fait quatre morts et deux blessés le 2 mars 2018, une partie civile a déposé une demande d’acte. Elle demande une nouvelle audition du guide de haute-montagne qui encadrait le groupe victime de l’avalanche.

Le guide de haute montagne, qui n’a pas été mis en examen, avait bien été entendu une première fois par les enquêteurs. Mais la partie civile souhaite qu’il soit à nouveau entendu au regard du rapport d’expertise. « La pièce principale est le rapport d’expertise du nivologue, explique le procureur. Il constate la présence d’un mètre de manteau neigeux sur une pente à plus de 40 % au départ, suffisante pour créer un risque d’avalanche important. Il répond que l’avalanche peut être le résultat du passage du groupe, mais qu’on ne peut pas exclure un déclenchement spontané, ce qui a été constaté l’année précédente sur le même secteur. On est dans le doute. »

« Une accumulation invraisemblable de fautes »

Ce matin du 2 mars 2018, le risque d’avalanche était de 4 sur une échelle de 5. L’avis d’un autre guide de haute-montagne a aussi été convoqué par les enquêteurs. Il estime que « c’est une course qui n’était pas déraisonnable d’envisager ».

Le père de l’une des victimes, qui s’est constitué partie civile, se dit « effrayé de découvrir une accumulation invraisemblable de fautes, de négligences, de manquements qui a conduit au drame », rapporte Nice-MatinCité par le quotidien local, le procureur de la République explique que « sa non-audition par le juge d’instruction est la conséquence de ce dossier : il n’y a pas d’élément susceptible de constituer une faute. » Avec cette demande d’une partie civile, la justice pourrait bien entendre à nouveau le guide de haute montagne au regard des nouveaux éléments du dossier.