Affaire Benalla: Le parquet ouvre une enquête pour «atteinte à la vie privée» après la diffusion des enregistrements par Mediapart

JUSTICE Jeudi 31 janvier, le site d’information « Mediapart » publiait des enregistrements dans lesquels Alexandre Benalla se réjouissait du « soutien » apporté par Emmanuel Macron

20 Minutes avec AFP

— 

Alexandre Benalla, le 19 septembre 2018 devant la commission d'enquête du Sénat.
Alexandre Benalla, le 19 septembre 2018 devant la commission d'enquête du Sénat. — Alain JOCARD / AFP

Une nouvelle affaire dans l’affaire. Publiés jeudi 31 janiver par Mediapart, les enregistrements de conversation entre Alexandre Benalla et son ami Vincent Crase – visiblement réalisés à leur insu et que Mediapart dit avoir authentifiés – sont désormais au cœur d’une nouvelle enquête. Le parquet a ouvert une enquête pour « atteinte à la vie privée », a appris 20 Minutes ce lundi, auprès de sources judiciaires.

Ces extraits audio seraient datés du 26 juillet, soit quelques jours après la mise en examen des deux protagonistes pour « violences en réunion par personne chargée d’une mission de service public » à la suite de  leur présence aux côtés des policiers lors de la manifestation parisienne du 1er mai. Leur contrôle judiciaire leur interdisait pourtant de rentrer en contact.

Atteinte au secret des sources

Ce lundi matin, le compte Twitter officiel de Mediapart a publié ce message : « Deux procureurs, accompagnés de trois policiers, ont voulu perquisitionner ce matin, à 11h10, les locaux de Mediapart dans le cadre d’une enquête ouverte par le parquet pour (notamment) atteinte à la vie privée de M.Benalla suite à nos révélations de la semaine dernière. Cette enquête, qui vise les enregistrements révélés par Mediapart, est susceptible d’atteindre le secret des sources de notre journal. C’est pourquoi nous avons refusé cette perquisition, un acte inédit – et particulièrement grave – dans l’histoire de Mediapart ».

Selon nos informations, le parquet de Paris aurait reçu des « éléments » justifiant l’ouverture d’une enquête préliminaire pour « atteinte à l’intimité de la vie privée et de détention illicite d’appareils ou de dispositifs techniques de nature à permettre la réalisation d’interception de télécommunications ou de conversations ». Dans les documents audio révélés jeudi, l’ancien conseiller d’Emmanuel Macron se targuait notamment du soutien du président de la République après sa mise en examen pour les violences du 1er-Mai.

« Il y a des diligences pour trouver nos sources, c’est une situation particulièrement inquiétante », a dénoncé auprès de l’AFP Fabrice Arfi, coresponsable des enquêtes du journal en ligne. « Comme on est dans le cadre d’une enquête préliminaire, nous avons le droit de refuser une perquisition et nous l’avons donc évidemment refusée, en nous permettant de commenter cette situation inédite dans l’histoire du journal, et que nous considérons comme particulièrement grave pour le journal », a également expliqué M. Arfi. Une conférence de presse doit se tenir ce lundi à 16h dans les locaux de la rédaction de Mediapart.