Accident mortel de TGV en Alsace: Un nouveau rapport accable la SNCF et sa filiale, trois ans après

ENQUETE Demandée par le juge d'instruction chargé de l'enquête sur l'accident mortel d'une rame d'essai de TGV en Alsace fin 2015, une nouvelle expertise lui a été remise mi-janvier...

B.P.

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Le 14 novembre 2015, 11 personnes sont mortes et 42 autres ont été blessées lors du déraillement d'une rame d'essai de TGV au nord-ouest de Strasbourg.
Le 14 novembre 2015, 11 personnes sont mortes et 42 autres ont été blessées lors du déraillement d'une rame d'essai de TGV au nord-ouest de Strasbourg. — SIPA

Plus de trois ans après l'accident d'une rame d'essai de TGV, qui a causé la mort de 11 personnes et en a blessé 42 autres près d’Eckwersheim, au nord-ouest de Strasbourg (Bas-Rhin), l'enquête se poursuit. Ainsi que l'a appris vendredi France 3 Alsace, une nouvelle expertise a été remise le 16 janvier au juge d’instruction chargé de l’affaire, à sa demande.

Selon la chaîne, ces nouvelles conclusions accablent la SNCF et, surtout, sa filiale Systra, en charge de la gestion des essais. Une méconnaissance en la matière - et en termes de formation - ainsi que des négligences ont notamment été pointées. Tout comme l’incompétence du chef d’essais et de la cheffe de projet à l’origine de mauvaises décisions, d’après l’expertise.

Un manque de compétence pointé par les experts

« Le manque de préparation des essais a conduit l’équipe à effectuer, par manque de compétence et de réactivité, des actions inappropriées qui sont à l’origine de l’accident », écrivent en conclusion les experts cités par France 3. Au lendemain des attentats du 13 novembre 2015, l’accident est survenu à 15h04 dans une courbe au niveau du canal de la Marne au Rhin.

Dévoilé en octobre 2017 aux familles, le premier complément d’expertise avait encouragé le parquet de Paris à reconnaître la responsabilité de la SNCF et de sa filiale Systra dans l’accident de la rame où se trouvaient 53 personnes, salariés et invités (dont deux sont décédés). En décembre 2017, les deux sociétés ont été mises en examen pour « blessures et homicides involontaires ».