Toulouse: L'accusé du meurtre de Maureen Jacquier se défend pied à pied

PROCES Mercredi, Sylvain Boulais, accusé du meurtre de la jeune Maureen Jacquier a été interrogé sur les éléments à charge. Il s’est défendu avec acharnement…

Helene Menal

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La balence de la justice. Illustration.
La balence de la justice. Illustration. — Superstock / Superstock / Sipa
  • Sylvain Boulais, 28 ans, comparaît jusqu’au 25 janvier devant les assises de la Haute-Garonne pour le meurtre de sa collègue et amie Maureen Jacquier.
  • La victime de 19 ans, mécanicienne chez Airbus, a été retrouvée morte le 27 février 2015 dans son appartement de Toulouse.
  • L’accusé encourt 30 ans de réclusion criminelle.

À l’aise, assuré, volontiers ironique et, surtout, gonflé à bloc. Pour la première fois, au cinquième jour de son procès pour le meurtre de Maureen Jacquier, Sylvain Boulais a été longuement entendu par la cour d’assises ce mercredi. Interrogé sur les éléments les plus compromettants, il a eu réponse à tout, ou presque.

Sur sa lampe frontale retrouvée près du corps et éclaboussée de sang, le jeune mécanicien d’Airbus, maniaque du rangement, pense qu’elle est tombée de son sac d’affaires de rechange, huit mois plus tôt, au cours de l’unique nuit d’intimité qu’il a partagée avec Maureen après une sortie en discothèque.

Sur les pansements qu’il a achetés le lendemain du crime et la blessure que certains collègues ont remarquée, celui qui rêvait d’être médecin, ne lâche rien : « Je constate surtout que ceux avec qui je faisais équipe n’ont rien vu, que ma petite amie n’a rien vu, que ma famille n’a rien vu mais que de sombres collègues à peine croisés oui ».

« Plutôt malchanceux dans la famille »

« Et comment expliquez-vous qu’on ne retrouve l’ADN de personne d’autre que vous sur la housse de couette de Maureen ? », l’accule l’avocat général, David Sénat. « On n’a peut-être pas fait des prélèvements sur chaque centimètre carré. On est plutôt malchanceux dans la famille. Vous seriez surpris », répond l’accusé.

Concernant la nuit supposée du crime, Sylvain Boulais maintient qu’il s’est assoupi sur le parking après avoir quitté un bar alors qu’il était à dix minutes de son domicile de Tournefeuille. Et qu’il a mis son portable en mode avion pour économiser sa batterie faible. La seule chose qu’il n’explique pas, c’est pourquoi des messages ont été si bien effacés de son portable que même des spécialistes n’ont pas pu les restaurer.

De toute façon, Simon Cohen, son avocat, le trouve « bien aimable » de répondre à ces questions. « Ce n’est pas à vous de faire la preuve de votre innocence, lui rappelle-t-il. C’est à l’accusation de faire celle de votre culpabilité ». Rejouant son principal atout, le conseil rappelle aussi qu’un couple de voisins affirme avoir aperçu Maureen Jacquier le 27 février 2015 vers 10 heures. Or, à partir de cette heure-là, Sylvain Boulais a un alibi plus solide.

La matinée de jeudi sera consacrée à la personnalité de l’accusé. Le verdict est attendu vendredi soir.