Grasse: Jugé en appel pour des constructions illégales, le propriétaire d’un «projet pharaonique» reconnaît des «erreurs»

URBANISME Patrick Diter, à la tête d'un chateau qui porte son nom, avait été condamné en première instance à détruire l'ensemble des réalisations entreprises sur sa propriété depuis 2006...

F.B. avec AFP

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Vue du site, sur la commune de Grasse
Vue du site, sur la commune de Grasse — Google Maps

Son «château Diter» accueillait les tournages de films ou de séries télé et de nombreux mariages, à au moins 50.000 euros la soirée. Propriétaire à Grasse de ce vaste palais estimée par le fisc à 57 millions d’euros, Patrick Diter a reconnu lundi en appel des « erreurs ». En première instance, il avait été condamné à détruire les constructions réalisées depuis 2006.

« Est-ce que vous êtes prêt à démolir » les bâtiments faits en dehors de tout permis de construire, lui a demandé le président de la cour d'appel d'Aix-en-Provence Eric Cibiel. « Oui, j’ai fait des erreurs », a répondu le propriétaire reconnaissant notamment la construction d’une piscine sans autorisation.

« Au mépris des règles d’urbanisme »

Les premières plaintes avaient été déposées par les voisins de l’homme d’affaires, agacés par la multiplication de nuisances. L’avocat général Pierre-Jean Gaury a dénoncé « un projet pharaonique, délirant, totalement illicite et construit de façon illégale », réalisé « au mépris des règles d’urbanisme de sécurité et d’environnement ».

A l’encontre de Patrick Diter, dont « la seule préoccupation est l’argent », il a demandé la confirmation des peines prononcées en première instance, soit la démolition de 3.000 m2 constructions dont une piscine, un héliport et une route de 600 m2 tracée, tout aussi illégalement, dans un espace boisé classé.

« Au début c’était la maison familiale […], j’ai été trop loin », a reconnu le propriétaire. Le tribunal correctionnel de Grasse l’avait également été condamné à trois mois de prison avec sursis et à une amende de 100.000 euros.