Tarbes: Un homme jugé pour le meurtre de sa mère adoptive, le corps jamais retrouvé

JUSTICE Dominique Aventur, une enseignante de 57 ans, a disparu de son domicile dans les Hautes-Pyrénées, en mai 2013. Son fils adoptif de 24 ans, qui nie l’avoir tuée, est jugé depuis ce lundi…

20 Minutes avec AFP

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Le procès de Daniel Aventur a débuté le 21 janvier 2019 devant les assises des Hautes-Pyrénées, à Tarbes. Illustration.
Le procès de Daniel Aventur a débuté le 21 janvier 2019 devant les assises des Hautes-Pyrénées, à Tarbes. Illustration. — Superstock / Superstock / Sipa
  • « Je n’ai pas tué ma mère », assure Daniel Aventur, fils adoptif de Dominique Aventur, disparue en mai 2013.
  • Le procès commencé ce lundi doit durer jusqu’à vendredi.
  • Daniel Aventur encourt la réclusion criminelle à perpétuité.

L’affaire remonte à mai 2013, avec la disparition mystérieuse de Dominique Aventur, enseignante d’histoire-géographie de 57 ans de son domicile de Loucrup, entre Tarbes et Bagnères-de-Bigorre. Son corps n’a jamais été retrouvé. Ce lundi, le procès de son fils adoptif Daniel (24 ans), soupçonné de l’avoir tuée mais qui nie les faits, s’est ouvert devant les assises des Hautes-Pyrénées, à Tarbes. Le verdict est attendu vendredi. L’accusé encourt la réclusion criminelle à perpétuité.

Au moment de sa disparition, Dominique Aventur se trouvait en arrêt maladie pour dépression depuis mars 2012. C’est son frère, inquiet de ne plus avoir de nouvelles, qui avait donné l’alerte.

Après une première enquête ouverte pour « disparition inquiétante », le procureur de Pau a décidé l’ouverture d’une information judiciaire pour « homicide volontaire » le 20 mai 2014. Des traces de sang ont été découvertes dans le véhicule de Dominique Aventur, mais celles-ci n’étaient plus exploitables au moment de l’enquête.

Le fils retrouvé avec des biens de sa mère

Les soupçons se sont rapidement dirigés vers Daniel Aventur, qui s’était notamment approprié plusieurs biens appartenant à sa mère peu de temps après la disparition. Le jeune homme a été mis en examen en janvier 2015 pour « homicide sur ascendant ».

« Je n’ai pas tué ma mère. Je ne comprendrais pas pourquoi je serais condamné », a déclaré l’accusé lors de cette première journée de procès, en partie consacrée à l’examen de sa personnalité.

Adopté à l’âge de sept ans en Haïti, puis régulièrement placé en foyer ou en famille d’accueil, il est longtemps revenu sur sa relation avec sa mère, décrivant une femme « vite colérique », « agressive » et « même violente » avec lui.

« C’est une relation qui n’a jamais eu lieu et ils en ont tous les deux conçu du ressentiment. C’est l’inverse absolu d’une relation humaine entre mère et fils », a déclaré Me Antoine Aussedat, l’avocat de François Aventur, le frère de la victime, partie civile dans ce procès. Selon lui,

« L’absence de corps rend cette affaire très particulière, mais il y a un faisceau d’indices absolument écrasants »

Mais pour l’avocate de l’accusé, Me Lorea Chipi, « ce dossier est fondé sur un ensemble de constructions hypothétiques véritablement insignifiantes au regard de la solidité qui doit caractériser une condamnation devant une cour d’assises ».

Un premier procès avait dû être renvoyé

« Il est évident que des hypothèses, des suppositions et des présomptions ne sauraient sceller la mise en cause aussi grave d’un garçon tel que Daniel Aventur qui, au moment des faits qui lui sont reprochés, n’avait que 19 ans », a-t-elle ajouté.

Un premier procès, en février 2018, avait dû être renvoyé au bout d’une semaine en raison de plusieurs incidents. Les débats avaient ensuite été de nouveau repoussés en novembre à cause, cette fois, d’un problème entre les anciens et les nouveaux avocats de l’accusé.