Le palais de justice de Cahors où se tient le procès de Jean-Paul Gouzou pour l'assassinat de sa femme.
Le palais de justice de Cahors où se tient le procès de Jean-Paul Gouzou pour l'assassinat de sa femme. — B. Colin / 20 Minutes

JUSTICE

Cahors: Il avait abattu froidement la mère de ses trois enfants, il écope de 25 ans de prison

Jugé depuis mercredi par les assises du Lot, Jean-Paul Gouzou, agriculteur à la retraite, avait tiré à trois reprises sur la mère de ses enfants un matin de mars 2017…

  • Le 3 mars 2017, un agriculteur à la retraite abattait de trois coups de fusil son épouse dont il était séparé depuis un an. Son procès s’est ouvert ce mercredi devant la cour d’assises de Cahors.
  • Vendredi, Jean-Paul Gouzou a été condamné à 25 ans de réclusion criminelle et a été déchu de son autorité parentale.
  • L’accusé avait indiqué lors de l’audience qu’il n’avait « pas d’autre solution » que de tuer sa femme pour l’empêcher d’emmener ses enfants au Mali.

Il aura fallu la plaidoirie de l’avocat général des assises du Lot pour qu’il demande « pardon » à sa femme. Jean-Paul Gouzou, un agriculteur à la retraite de 69 ans, a été condamné vendredi à 25 ans de réclusion criminelle pour l’assassinat de sa femme, Djénéba Bamia.

Le jury a suivi les réquisitions du représentant du ministère public, Frédéric Amendros, qui avait invectivé l’accusé, relevant qu’il avait « condamné ses enfants à perpétuité », et avait demandé qu’il soit déchu de l’autorité paternelle.

C’est selon Jean-Paul Gouzou pour protéger sur trois jeunes enfants, qu’il a eu avec son épouse de trente ans sa cadette, qu’il l’a abattue de trois balles​ un matin de mars 2017, sur la ferme familiale de Gorses, dans le Lot.

Trois jours durant, le retraité n’a cessé d’indiquer pour sa défense qu’il n’avait « pas trouvé d’autres solutions » pour empêcher Djénéba Bamia, dont il était séparé depuis un an, de partir au Mali avec leurs trois enfants et son nouveau compagnon. Il a invoqué les risques d’être pris au milieu de la guerre civile ou le danger de voir ses deux filles excisées.

« Esclave domestique »

A plusieurs reprises, Djénéba Bamia avait alerté les autorités concernant les « violences psychologiques » et les « brimades » dont elle était victime.

À la barre, la déléguée départementale aux droits des femmes a décrit Jean-Paul Gouzon comme un « prédateur » qui s’était « offert une esclave domestique et sexuelle ». Pour les experts, cet homme à la personnalité rigide s’était enfermé dans une logique folle.

« Il est en déphasage évident dans son rapport aux femmes », a indiqué à l’AFP Edouard Martial, l’un de ses deux avocats qui s’était élevé contre l’idée que ce procès soit celui des violences conjugales.

Pour les proches de la victime pourtant, les institutions, en particulier judiciaire, n’ont pas répondu aux alertes et auraient du retirer ses armes à Jean-Paul Gouzou. « L’institution judiciaire n’est pas responsable de près ou de loin de la mort de Djeneba Bamia », a répondu l’avocat général, en faisant de l’accusé le seul responsable de son geste.

« La peine est lourde mais à la hauteur du crime », a réagi de son côté Anne Bouillon, l’avocate de Fédération Nationale Solidarité Femmes, partie civile.