Attentats de janvier 2015 à Paris: Les juges antiterroristes renvoient 14 personnes aux assises

PROCES Onze d’entre eux sont déjà aux mains de la justice, trois autres sont visés par un mandat d’arrêt…

20 Minutes avec AFP

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Des fleurs devant les locaux de Charlie Hebdo en janvier 2015 après les attaques terroristes qui ont frappé plusieurs endroits à Paris.
Des fleurs devant les locaux de Charlie Hebdo en janvier 2015 après les attaques terroristes qui ont frappé plusieurs endroits à Paris. — SIPA

Nouvelle étape vers un procès très attendu. Quatorze personnes sont renvoyées aux assises par les juges d’instruction antiterroristes. Elles sont soupçonnées d’être impliquées à des degrés divers dans le soutien logistique aux auteurs des attaques de Charlie Hebdo, Montrouge et de l’Hyper Cacher qui ont fait 17 morts en janvier 2015.

Sur ces 14 personnes, 11 sont déjà aux mains de la justice française et trois sont visées par un mandat d’arrêt, selon l’ordonnance du tribunal de Paris de mise en accusation de 271 pages, consultée par l’AFP. Le texte est signé par trois juges du pôle antiterroriste du tribunal de Paris. Les attentats des frères Kouachi et d’ Amédy Coulibaly, tués par les forces l’ordre, furent les premiers de la vague djihadiste en France qui a fait au total 251 morts.

Un procès en 2020 ?

Un procès devant la cour d’assises spécialement composée à Paris pourrait se tenir en 2020 mais les accusés peuvent faire appel de cette ordonnance des juges, conforme pour l’essentiel aux réquisitions prises par le parquet mi-décembre.

Les magistrats ont par ailleurs ordonné une disjonction pour poursuivre les investigations sur les soutiens des frères Kouachi, notamment au Yemen, après l’arrestation le 16 décembre à Djibouti de Peter Cherif, l’un des cadres d’Al-Qaïda dans la péninsule arabique (Aqpa). Cette organisation djihadiste avait revendiqué l’attaque visant le journal satirique Charlie Hebdo. Ce proche des frères Kouachi, via la filière djihadiste des Buttes-Chaumont, remis dans la foulée de son arrestation à la France, a été mis en examen et incarcéré.

Deux accusés présumés morts

Les trois accusés visés par un mandat d’arrêt sont Hayat Boumedienne, compagne de Coulibaly, et les deux frères Belhoucine, partis quelques jours avant les attaques pour la zone irako-syrienne. Les deux hommes sont présumés morts. Les juges retiennent les charges les plus lourdes contre l’aîné des frères Belhoucine, Mohamed, et contre un proche de Coulibaly, pour sa part en détention, Ali Riza Polat.

Ali Riza Polat, 33 ans, est mis en cause pour son rôle central, aux côtés de Coulibaly, dans la fourniture d’armes utilisées pour les attaques. Mohamed Belhoucine, lui, est soupçonné d’avoir apporté un soutien logistique et idéologique. Les enquêteurs ont établi qu’il est l’auteur du serment d’allégeance à Daesh par Coulibaly dans une vidéo de revendication, et qu’il a pu jouer le rôle d’intermédiaire avec un commanditaire. Trois autres suspects bénéficient pour leur part d’un non-lieu.